Comment les syndicats sont utiles aux salariés… et aux entreprises

En 1984, le livre « What Do Unions Do? », écrit par les économistes et universitaires américains Richard B. Freeman et James L. Medoff, soutenait notamment l’idée, plutôt révolutionnaire à l’époque, selon laquelle les syndicats pouvaient contribuer à l’amélioration de la performance économique des entreprises.

Plus de 30 ans après la publication de cet ouvrage, Richard B. Freeman et deux autres universitaires, dont le Français Patrice Laroche, se sont repenchés sur les résultats de l’étude menée aux Etats-Unis en 1984, pour savoir s’ils avaient bien résisté à l’épreuve du temps et s’il était possible de généraliser leurs conclusions à l’ensemble des pays industrialisés : le passage au crible de plus de 300 études empiriques sur la question montre bien que la productivité est généralement supérieure dans les entreprises où des syndicats sont présents, dans la mesure où représentants des salariés et employeurs coopèrent.

Source : Comment les syndicats sont utiles aux salariés… et aussi aux entreprises

Quelle société pour demain ? La CFE-CGC interpelle les candidats à la Présidentielle

La CFE-CGC s’invite dans la campagne pour l’élection présidentielle, avec un dossier (consultable et téléchargeable ici) dans lequel elle affiche sa volonté de « réconcilier l’économie de marché avec l’intérêt général ». Après un état des lieux global des récentes évolutions du monde, dans ses aspects économiques, sociétaux et sociaux, elle se penche plus particulièrement sur 8 thématiques, pour lesquelles elle formule des propositions : les parcours professionnels, l’économie au sens large (avec des incursions dans les domaines de l’industrie, du développement durable et du logement), le numérique, la protection sociale, la santé au travail, le handicap, le dialogue social, et l’Europe et l’international.

La CFE-CGC pose par ailleurs 7 questions aux candidats, dont les réponses seront publiées intégralement et sans commentaire sur son site.

  • Comment réconcilier l’économie de marché avec l’intérêt général de notre pays ?
  • Le relèvement de l’âge d’ouverture des droits à la retraite est fréquemment évoqué comme mesure pour restaurer et pérenniser l’équilibre de nos régimes de retraite. Considérez-vous cette mesure comme pertinente ? Proposez-vous d’autres mesures permettant d’atteindre le même objectif ?
  • Pouvons-nous, en France, tirer profit de la 4e révolution industrielle sans l’expression des intérêts convergents et contradictoires issue de l’exercice du dialogue social ?
  • Quel avenir pour le statut de la Fonction publique, en y intégrant les contractuels de plus en plus nombreux dans le périmètre du secteur public ?
  • Comment construire un droit à la formation spécifique pour la population « encadrants et experts » ?
  • Quelle est votre position concernant le principe de « conditionnalité sociale » dans les accords de libre-échange ? Que pensez-vous de l’élévation du Socle social européen comme levier pour favoriser l’adhésion au projet européen ?
  • Quelles mesures envisagez-vous afin de développer l’égalité des chances des personnes en situation de handicap dans leur cursus scolaire, universitaire et pour leur accès à un emploi de cadre ou technicien ?

Les livreurs à vélo veulent s’organiser collectivement pour engager le dialogue avec les plates-formes

Pour protester contre leurs conditions de travail, leur faible rémunération et pour dénoncer « un salariat déguisé », les livreurs à vélo ont engagé cette semaine leur premier mouvement social collectif.

Source : UberEats, Deliveroo, Foodora…des livreurs appellent à une « déconnexion massive »

A Seattle, Uber cherche à dissuader ses chauffeurs de se syndiquer

La ville américaine de Seattle fut la première, fin 2015, à permettre aux chauffeurs indépendants de se syndiquer. Cette initiative n’est visiblement pas au gout d’Uber, qui oblige (!) ses conducteurs à écouter quotidiennement des podcasts… les mettant en garde contre les méfaits du syndicalisme.

Source : A Seattle, Uber force les chauffeurs à écouter des podcasts pour les dissuader de se syndiquer

Comment le numérique transforme le syndicalisme

Le « Prix des Talents de la Recherche » a été créé par Rue89 et le Fabernovel Institute pour mettre en valeur de jeunes chercheurs dont les travaux permettent de mieux comprendre les transformations en cours dans notre société numérique. Parmi les trois lauréats de cette édition, Yann-Maël Larher s’est intéressé à « la fin du syndicalisme traditionnel » sous l’effet du numérique.

Source : Au boulot : « Internet peut favoriser le dialogue social »

L’accès des syndicats à l’Intranet de l’entreprise bientôt généralisé

La loi Travail a fait évoluer le cadre légal de la communication syndicale en ligne. Jusqu’à présent, la loi n’envisageait l’accès des syndicats aux outils numériques de communication de l’entreprise que par la voie de la négociation. A partir du 1er janvier 2017, les organisations syndicales pourront « mettre à disposition des publications et tracts sur un site syndical accessible à partir de l’intranet de l’entreprise, lorsqu’il existe ». En revanche, l’utilisation de la messagerie professionnelle dans le cadre des activités syndicales restera conditionnée à l’existence d’un accord d’entreprise.

code du travail

Source : L’accès des syndicats à l’Intranet de l’entreprise bientôt généralisé

Demain, des syndicats du numérique ?

Sur Open Democracy.net, deux chercheurs britanniques ont récemment publié une stimulante tribune de défense des coopératives et des syndicats, à l’heure de l’économie collaborative.

Nous avons besoin de penser de façon créative comment utiliser les outils numériques pour développer la collaboration entre travailleurs plutôt que pour favoriser leur mise en concurrence.

Dans un monde où l’atomisation du travail continue à être utilisée contre les travailleurs, nous ne devons pas oublier un vieux cri de ralliement qui nous a bien servi : travailleurs du monde entier, unissez-vous !

chaine_humaineSource : Coopératives, forces et limites

Datavisualisation : le syndicalisme en France

En mai, la DARES (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques, organisme dépendant du Ministère du Travail) a publié une étude, s’appuyant sur des chiffres de 2013, dans laquelle elle estime le taux de syndicalisation en France à 11%.

Re.sources, le laboratoire de réflexion sur l’emploi animé par Randstad France, a rassemblé les principales données de cette étude dans une intéressante datavisualisation.

syndicalisation_europe

Source : [Datavisualisation] Le syndicalisme en France

Syndicats, à quoi servent-ils aujourd’hui ?

Emission du 18 avril dernier à réécouter ici en podcast :

A quoi servent les syndicats? Comment expliquer la désyndicalisation ? Comment les syndicats peuvent ils évoluer ? A qui s’adresser quand il n’y a pas de syndicat ?

avec:

Raymond Soubie, spécialiste des affaires sociales et Président de la société de conseil Alixio et Taddeo

Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, Fédération Syndicale Unitaire, première organisation syndicale de l’enseignement et première syndicale de la fonction publique d’Etat,

Carole Couvert, présidente confédérale de la CFE-CGC.

 

Un vrai drame français : la faiblesse des syndicats, Editos & Analyses

Source : Un vrai drame français : la faiblesse des syndicats, Editos & Analyses

Une analyse parfois provocatrice, mais pas inintéressante. Les commentaires, bien que certains soient rebattus et beaucoup inexacts, sont également à lire.

Comme dans tout débat, il faut se garder de positions « à l’emporte pièce », et notamment des amalgames entre certaines actions syndicales aux marges de la loi, mais rarissimes bien que très médiatisées, et la réalité de l’action syndicale au quotidien dans les entreprises.

Oui, les syndicats sont utiles !

Ce n’est pas nous qui le disons, mais un consultant en responsabilité sociale des entreprises, qui propose sur son blog une réponse très argumentée au récent article de l’Express. Voici son introduction et sa conclusion :

« Pourquoi les syndicats sont nuls » : ce titre barre la couverture de « L’Express » (25 septembre 2013) et ouvre un dossier dont, comme souvent, le contenu est moins outrancier. De l’hebdomadaire fondé par Jean-Jacques Servan-Schreiber et Françoise Giroud, on pouvait attendre un jugement plus subtil et surtout plus étayé.

La crise que nous connaissons n’est rien d’autre qu’une crise des contre-pouvoirs. La réponse efficace consiste donc, au contraire, à renforcer le seul contrepoids qui représente efficacement une partie essentielle au fonctionnement des entreprises, les salariés. Louis Gallois l’a parfaitement montré dans son rapport et ses interventions : « il apparaît indispensable que se créent les conditions d’un nouveau pacte social. (…) Pour cela, nous avons besoin de partenaires sociaux forts : des syndicats forts, des organisations patronales capables de s’engager dans des négociations. Et nous avons besoin de syndicats capables, non seulement de revendiquer et de s’opposer, mais aussi de dialoguer et de négocier des compromis utiles ».

Le plus intéressant est au milieu de l’article, où l’auteur détaille, études à l’appui, comment les syndicats sont utiles, et comment ils peuvent encore s’améliorer. De quoi à la fois se rassurer… et surtout se construire une feuille de route pertinente !

Oui, les syndicats sont utiles , sur le blog Management & RSE

57% des Français affirment ne pas faire confiance aux syndicats

Une majorité (57%) de Français déclare ne pas faire confiance « de manière générale » aux syndicats, selon un sondage de l’Ifop publié mardi dans La Lettre de l’opinion.

Pourquoi relayer cette dépêche AFP sur un blog syndical ? Parce qu’elle souligne elle-même les limites de la méthodologie d’enquête :

Il est difficile de comparer ces résultats avec ceux des années antérieures en raison d’un changement du mode d’administration du sondage (auto-administration en ligne au lieu de téléphone), ce qui entraîne un biais selon les spécialistes des sciences sociales.

Le baromètre d’image des syndicats réalisé par l’Ifop en 2009 par téléphone faisait apparaître qu’une majorité (57%) de Français déclarait faire confiance « de manière générale » aux syndicats.

The Magical World Of Alice, in "365 Manipulations Project"
Image pareeerica (Flickr) sous licence CC by-nc-sa

Et puis, accessoirement, vous savez qui est Vice-Présidente de l’IFOP ? (et surtout son ancienne Présidente et créatrice)

Comme dans les bonnes vieilles enquêtes policières, il suffit donc de se demander « à qui le crime profite » pour mieux comprendre les résultats de ce sondage…

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