Un étrange dialogue social

A lire le passionnant éclairage de l’économiste Jacques Freyssinet, chercheur associé à l’Institut de recherches économiques et sociales, qui fait écho à des articles récemment publiés dans ces colonnes (ici, ici, ou encore ), et dont voici l’introduction :

L’importance accordée au dialogue social fait partie du discours de nos gouvernements successifs. La préparation de la loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » a donné lieu à une juxtaposition de formes hétérogènes de concertation et de négociation. Le gouvernement a fait connaître les enseignements qu’il tirait des résultats de ces procédures. Si son attitude a été différente dans les trois domaines de l’apprentissage, de la formation et du chômage, elle exprime globalement la volonté d’un renforcement du contrôle de l’Etat dans des domaines où la négociation collective et la gestion paritaire tenaient une place importante : « vous dialoguez et je décide ».

Source : Un étrange dialogue social

CAC 40 : des profits sans partage

En France, et plus largement en Europe, le capitalisme évolue depuis des années vers un modèle qui donne la priorité aux actionnaires, presque toujours gagnants par rapport aux salariés. Le rapport sur la redistribution des profits des entreprises du CAC 40, publié conjointement par l’ONG Oxfam et le Bureau d’analyse sociétale pour une information citoyenne, met en lumière cette situation qui « nourrit une véritable spirale des inégalités ».

Orange n’échappe évidemment pas à cette tendance et, en dépit de résultats salués comme excellents, n’a consenti qu’à une seule augmentation en 2018, celle des dividendes ! Les efforts fournis par les personnels sont de moins en moins reconnus, au point que les syndicats ont unanimement refusé de signer l’accord salarial 2018, qui maintient à peine le pouvoir d’achat. C’est également unanimement qu’ils demandent aujourd’hui une réouverture des négociations !

Source : Profits du CAC 40 : la priorité aux actionnaires de plus en plus contestée

Les syndicats sont-ils encore audibles ?

En cette période de contestation sociale, les syndicats entendent évidemment peser sur le débat, et tentent de se mettre d’accord sur un ordre de marche commun, ce qui est loin d’être évident.

Alors qu’ils doivent composer avec un gouvernement qui les consulte sans franchement les écouter et des travailleurs qui ne leur accordent désormais plus qu’une confiance très limitée, l’audience des syndicats est de plus en plus restreinte. Et ça ne devrait pas s’arranger avec une réforme du Code du travail qui va leur accorder une place de moins en moins importante au sein de l’entreprise.

Dans, ces conditions, les syndicats sont-ils encore audibles ? C’est la question que se posent Dominique Andolfatto, chercheur et professeur en science politique à l’Université de Bourgogne, Eric Beynel, porte-parole du syndicat Solidaires, et Véronique Descacq, secrétaire générale adjointe de la CFDT.

1 entreprise (de plus de 10 salariés) sur 3 n’a pas de représentant du personnel

Malgré l’obligation légale, 33% des établissements de plus de 10 salariés (et 54% des établissements de 11 à 19 salariés) ne sont couverts par aucune instance représentative du personnel. C’est ce que nous révèle la récente étude de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares). Dans 50% des cas, cette carence est expliquée par l’absence de candidatures lors des dernières élections professionnelles, et dans 25% des cas, par « l’absence de demande » des salariés.

Dans la plupart des situations, le représentant de la direction renvoie ainsi au manque d’intérêt ou d’implication des salariés l’absence de représentant du personnel.

Source : Un tiers des entreprises n’ont pas de représentant du personnel

« L’avenir du syndicalisme interprofessionnel territorial est menacé »

En fusionnant les instances représentatives du personnel, le gouvernement fragilise l’assise géographique des syndicats, note Eric Ferreres, consultant en ressources humaines, dans cette tribune au Monde.

Source : « L’avenir du syndicalisme interprofessionnel territorial est menacé »

Front social : le printemps est-il arrivé ?

La fin de semaine dernière a marqué le début d’un printemps social que les syndicats espèrent fertile, avec, jeudi, la manifestation des cheminots et des fonctionnaires contre la réforme du secteur public, et vendredi, celle du personnel d’Air France pour la revalorisation des salaires. Si, de l’avis des syndicats et des commentateurs, ces premières opérations ont globalement été des réussites, le gouvernement, lui, ne croit pas à une convergence des différentes revendications dans un mouvement social dur qui paralyserait le pays.

Mais les syndicats ont-ils la volonté et les moyens d’organiser cette convergence ? En débattent les journalistes Aude Lancelin, Sylvain Bourmeau et Brice Couturier.

Réforme du dialogue social : le fantasme de l’exception française

On le dit irréformable, trop éloigné des entreprises, trop soumis au pouvoir des syndicats. Et si les traits que l’on prête au dialogue social en France et qui servent en grande partie de justification à la réforme actuelle du code du travail correspondaient davantage à une image fantasmée qu’à la réalité ?

Une très intéressante tribune de Vincent Pasquier, Doctorant à Grenoble École de Management.

Source : La réforme du dialogue social et le fantasme de l’exception française

Réforme de l’assurance-chômage : des syndicats méfiants et inquiets

Emmanuel Macron a lancé hier la deuxième phase de son projet pour « rénover le modèle social », en commençant à recevoir à l’Elysée les partenaires sociaux. Avec ce nouveau chantier social, l’exécutif entend notamment ouvrir l’assurance-chômage aux démissionnaires et aux indépendants, rendre l’apprentissage plus attractif et simplifier la formation professionnelle.

Les premiers leaders syndicaux reçus n’ont pas leur inquiétude. Sur l’extension de l’assurance-chômage notamment, ils craignent que ces nouveaux droits n’entraînent une baisse d’ensemble des allocations. François Hommeril, Président de la CFE-CGC, craint notamment les « effets d’aubaine » liés à l’indemnisation des démissionnaires et le « surcoût assurantiel estimé au minimum à 8 milliards d’euros, certains disent jusqu’à 14 milliards ».

Source : Réformes de l’assurance-chômage : des syndicats méfiants et inquiets

Muriel Pénicaud lance une mission sur la valorisation des parcours syndicaux

Suite à la publication, en août, du rapport sur la valorisation des parcours syndicaux rédigé par Jean-Dominique Simonpoli, Directeur général de l’association Dialogues, ce dernier a été mandaté par la ministre du Travail Muriel Pénicaud, pour réfléchir à un plan d’action dans ce domaine, en collaboration avec Gilles Gateau, ancien adjoint de Manuel Valls, aujourd’hui DG ressources humaines d’Air France.

Source : Valorisation des compétences syndicales : un tandem chargé de réfléchir à un plan d’action

Comment les syndicats contribuent à réduire les inégalités de revenus

Source : Comment les syndicats contribuent à réduire les inégalités de revenus

Une intéressantes compilation d’études, qui battent en brèche un certain nombre d’idées reçues, tant sur l’utilité des organisations syndicales que de la santé économique des entreprises induite par une répartition plus égalitaire des profits.

Travail: syndicats et patronat attendent les premiers arbitrages

La concertation entre dans sa dernière ligne droite: les partenaires sociaux découvriront à partir de mardi les premiers arbitrages du gouvernement sur la réforme du code du travail, premier grand chantier social du quinquennat Macron qui doit entrer en vigueur fin septembre.

Source : Travail: syndicats et patronat attendent les premiers arbitrages sur Orange Actualités

Valorisation du parcours syndical : parution du rapport Simonpoli

A la demande de la ministre du Travail Muriel Pénicaud, Jean-Dominique Simonpoli, Directeur général de l’association Dialogues, a rédigé un rapport, dans lequel il égrène des pistes permettant de valoriser les compétences et les carrières des salariés qui font le choix de l’engagement syndical. Les recommandations figurant dans ce rapport « auront vocation à se trouver dans les ordonnances » de la future réforme du Code du travail, a précisé la ministre.

Source : Des pistes remises à Pénicaud pour favoriser l’engagement syndical

Réforme du Code du travail : la CFE-CGC inquiète

Dans un communiqué signé par la confédération et l’ensemble de ses fédérations, la CFE-CGC affirme redouter « que des dispositions nouvelles de précarisation du travail introduites par la future loi ne dégradent un peu plus la situation de l’emploi et de l’économie ».

Il apparaît, à ce stade, que le projet de l’Exécutif est de reprendre un grand nombre des dispositions abandonnées, parce que trop clivantes, des lois Rebsamen et El Khomri. Et de les amplifier encore.

Source : Quel avenir pour l’entreprise et ses salariés ?