Assurance-chômage : vers une nouvelle négociation ?

En février dernier, le patronat et les syndicats s’étaient entendus sur un accord national interprofessionnel, repris en partie dans le projet de loi « avenir professionnel », qui transforme notamment en profondeur l’assurance-chômage. Fin mars, ils avaient conclu une convention qui modifiait le paramétrage du régime. Visiblement, le gouvernement n’est pas encore satisfait, et le président de la République vient d’exprimer le souhait que les partenaires sociaux engagent « dans les prochains mois » des discussions, afin de refondre les conditions d’indemnisation des demandeurs d’emploi.

Source : Les partenaires sociaux à nouveau invités à négocier sur l’assurance-chômage

Bientôt une charte numérique dans la Constitution ?

A la faveur de la future révision constitutionnelle, un groupe de travail commun à l’Assemblée nationale et au Sénat a été chargé de réfléchir à l’inclusion des droits et libertés numériques dans la Constitution. Une charte numérique a ainsi été présentée en fin de semaine dernière, qui entend notamment garantir le « droit d’accès » à Internet ainsi que le « droit à l’éducation et à la formation au numérique », la neutralité du Net, ou encore la protection des données personnelles.

Source : Que dit la charte numérique qui pourrait avoir valeur constitutionnelle ?

Après l’échec de Bloctel, la difficile adoption d’un nouveau projet de loi

Deux ans après sa mise en place, Bloctel, dispositif de lutte contre le démarchage téléphonique, semble loin d’être efficace. Une proposition de loi visant à pallier ses lacunes a été étudiée en milieu de semaine dernière à l’Assemblée nationale. Las, la principale avancée du texte, consistant à remplacer le système d’opt-out (le particulier s’inscrit sur une liste pour ne plus être démarché) par un système d’opt-in (par défaut, le particulier ne peut être démarché s’il n’a pas donné son accord préalable) a été supprimée par un amendement !

Source : Démarchage téléphonique : les députés En Marche torpillent la loi qui voulait mettre fin aux abus

FdJ, ADP, Engie : l’Etat lance son programme de privatisations

Le gouvernement souhaite qu’une partie de ses participations dans la Française des Jeux, les Aéroports de Paris et Engie soit vendue pour lui permettre de financer des mesures d’innovation et de recentrer son portefeuille sur les seuls actifs considérés comme essentiels. La future loi Pacte, qui permettra cette opération, sera présentée lundi prochain en Conseil des ministres.

Orange est donc épargné, et nous nous en réjouissons.

Sources :
Française des jeux, ADP et Engie : l’Etat lance son programme de privatisations
Privatisations : de quoi l’Etat est-il (encore) propriétaire ?

Tech for Good : Emmanuel Macron a reçu les géants du numérique

Après Versailles en début d’année, c’est à l’Elysée et à Matignon qu’Emmanuel Macron avait convié hier une soixantaine d’acteurs de la high-tech mondiale pour les convaincre de s’engager en faveur des « biens communs » (éducation, emploi, santé…) sur le sol français, dans le cadre de l’opération « Tech for Good ». De nombreuses annonces y ont été faites, à l’instar de l’engagement d’IBM de créer 1800 emplois en France… où il a enchaîné trois plans sociaux entre 2013 et 2016, supprimant ainsi plus de 1600 postes.

Au-delà des susceptibilités des acteurs français non invités à cet évènement, il est difficile de ne pas adhérer au discours de ceux qui reprochent au Président français de servir la soupe aux géants américains du Net, via une belle opération de communication. Ces derniers ne sont, d’habitude, pas si pressés de servir le bien commun, mais plutôt leurs propres intérêts, s’enrichissant dans notre pays sans véritable contribution, ni à la création d’emplois ni à la création d’une quelconque richesse pour l’Etat, comme en témoigne leur ingéniosité pour pratiquer l’évasion fiscale.

Source : Sommet Tech for Good : les annonces des grands patrons reçus par Emmanuel Macron

Un étrange dialogue social

A lire le passionnant éclairage de l’économiste Jacques Freyssinet, chercheur associé à l’Institut de recherches économiques et sociales, qui fait écho à des articles récemment publiés dans ces colonnes (ici, ici, ou encore ), et dont voici l’introduction :

L’importance accordée au dialogue social fait partie du discours de nos gouvernements successifs. La préparation de la loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » a donné lieu à une juxtaposition de formes hétérogènes de concertation et de négociation. Le gouvernement a fait connaître les enseignements qu’il tirait des résultats de ces procédures. Si son attitude a été différente dans les trois domaines de l’apprentissage, de la formation et du chômage, elle exprime globalement la volonté d’un renforcement du contrôle de l’Etat dans des domaines où la négociation collective et la gestion paritaire tenaient une place importante : « vous dialoguez et je décide ».

Source : Un étrange dialogue social

Projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » : présenté, brocardé

En fin de semaine dernière, la ministre du travail, Muriel Pénicaud, a présenté au conseil des ministres son projet de loi visant à transforme en profondeur l’assurance-chômage, la formation professionnelle et l’apprentissage. Non content de mécontenter les partenaires sociaux et de soulever nombre de questions de la part des acteurs de terrain, ce projet s’est attiré les foudres du Conseil d’Etat, qui pointe des difficultés, en particulier sur le volet consacré à l’assurance-chômage, et invite le gouvernement à revoir sa copie.

Sources :
Ce que contient la loi Formation, apprentissage, assurance chômage présentée ce 27 avril
Formation, apprentissage : le projet de loi Pénicaud 2 soulève encore beaucoup de questions
Réforme de l’assurance chômage : le gouvernement doit retoucher sa copie

Le gouvernement veut former au numérique deux millions de jeunes et de chômeurs

10KNUM : c’est le nom de code du plan d’investissement dans les compétences numériques qui a été dévoilé en fin de semaine dernière par Muriel Pénicaud, ministre du Travail, et Mounir Majhoubi, secrétaire d’Etat en charge du Numérique. Ce plan, qui prévoit le financement par l’Etat de 10 000 formations aux métiers du numérique, s’adressera en priorité aux jeunes titulaires du seul baccalauréat ou d’un diplôme inférieur, et aux demandeurs d’emploi.

Source : Le gouvernement veut former deux millions de jeunes et de chômeurs aux métiers du numérique

Le scandale Cambridge Analytica aurait-il pu se produire en France ?

La loi française encadre de manière stricte la collecte et l’utilisation des données personnelles des internautes, d’autant plus dans le cadre d’opérations de communication politique. Dans ces conditions, la tâche d’une société comme Cambridge Analytica aurait été considérablement compliquée.

Ceci dit, il semble qu’il soit toujours possible de composer avec les lois, comme nous le rappelle l’affaire de l’application Knockin utilisée lors la campagne de Nicolas Sarkozy pour la primaire de la droite en 2016…

Source : Le scandale Cambridge Analytica aurait-il pu se produire en France ?

L’affaire Cambridge Analytica plonge Facebook dans une crise historique

A son corps défendant, Facebook a animé le feuilleton à scandale de la semaine, dont voici un court résumé, par articles interposés : le réseau social a en effet été indirectement mis en cause par deux enquêtes, parues en fin de semaine dernière dans le Guardian et le New York Times. Ces dernières accusent Cambridge Analytica, société spécialisée dans le data mining, d’avoir exploité les données Facebook de 50 millions d’utilisateurs américains et britanniques, dans le cadre de la campagne de Donald Trump aux Etats-Unis et de celle en faveur du Brexit au Royaume-Uni.

Si la contribution réelle de Cambridge Analytica à la victoire de Trump semble assez relative, Facebook traverse, depuis ces révélations, la pire crise de son histoire : confronté à la chute de son action en Bourse et à des appels au boycott et autres menaces de class actions, la firme de Menlo Park devrait bientôt sacrifier son chef de la sécurité. Muet pendant plusieurs jours, Mark Zuckerberg, son P-DG est finalement sorti de son silence pour se dire « vraiment désolé », reconnaître des « erreurs » et promettre des améliorations, sans toutefois remettre en cause son modèle économique. Pas sûr que cela suffise à lui permettre de regagner la confiance (?) de ses utilisateurs…

Assurance-chômage : le gouvernement a dévoilé ses arbitrages

En début de semaine, l’équipe de la ministre du Travail a présenté aux syndicats les principaux points de la réforme de l’assurance-chômage, parmi lesquels émerge une nouvelle échelle de sanctions contre les demandeurs d’emploi qui ne respectent pas leurs obligations.

Source : Contrôle des chômeurs : une nouvelle échelle de sanctions annoncée

Egalité femmes-hommes au travail : les annonces phares du gouvernement

Le fait qu’on commémore toujours, en ce 8 mars, une journée internationale des femmes est tout de même assez dramatique : nous ne pourrons que nous réjouir lorsque disparaîtra de nos calendriers ce « marronnier », qui trouve son origine en… 1910 lors de la conférence internationale des femmes socialistes, avant une officialisation de cette date par l’ONU en 1977.

Mais si cette journée existe encore aujourd’hui, c’est qu’elle est nécessaire. Les inégalités sont notamment criantes dans le monde professionnel, comme nous le rappelle l’étude publiée hier par l’Organisation internationale du travail ou encore l’interview d’Isabelle Bensidoun, économiste du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII).

Pour tenter de résorber ces inégalités, le gouvernement a proposé aujourd’hui un plan de 50 mesures à large spectre. Espérons qu’elles soient VRAIMENT suivies d’effets et que, dans quelques années, on puisse attribuer une autre « cause » à ce 8 mars.

Source : Égalité femmes-hommes au travail: les annonces phares du gouvernement

Formation professionnelle: ce qu’il faut retenir du « big bang »

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a annoncé hier que chaque salarié disposerait désormais de 500 euros par an pour se former, un dispositif qui vient remplacer l’actuel comptabilisation en heures de formation, et que la collecte des fonds serait dorénavant assurée par les Urssaf. Un « big bang » qui ne peut que mécontenter les partenaires sociaux !

Source : Formation professionnelle: ce qu’il faut retenir du « big bang »

Macron : toutes les réformes « en même temps » ?

Il y a peu, nous évoquions et fustigions la détermination du gouvernement à réformer vite et fort. D’autres se posent aussi des questions quant au rythme adopté par Emmanuel Macron pour réaliser des réformes tous azimuts. Quelle efficacité ? Quelle cohérence ? Répondent à ces questions Marc Endeweld, auteur de l’ouvrage « L’Ambigu monsieur Macron », Philippe Manière, spécialiste de la communication stratégique, et Philippe Frémeaux, journaliste économique.