Les entreprises peuvent-elles se contenter de faire du profit ?

Alors que la loi PACTE, présentée début juin au Conseil des Ministres, devrait définir le rôle des entreprises dans la société, on peut se demander si les entreprises ne servent qu’à dégager du profit – comme il le semble, à la lecture du récent rapport d’Oxfam – ou si elles peuvent être un levier au service du bien commun. Blanche Segrestin, professeure à Mines Paris Tech, Emery Jacquillat, PDG de la Camif, Alain Bloch, professeur au CNAM et directeur de HEC Entrepreneurs, et Carole Peychaud, consultante en droit de l’environnement et RSE, débattent de cette question.

CAC 40 : des profits sans partage

En France, et plus largement en Europe, le capitalisme évolue depuis des années vers un modèle qui donne la priorité aux actionnaires, presque toujours gagnants par rapport aux salariés. Le rapport sur la redistribution des profits des entreprises du CAC 40, publié conjointement par l’ONG Oxfam et le Bureau d’analyse sociétale pour une information citoyenne, met en lumière cette situation qui « nourrit une véritable spirale des inégalités ».

Orange n’échappe évidemment pas à cette tendance et, en dépit de résultats salués comme excellents, n’a consenti qu’à une seule augmentation en 2018, celle des dividendes ! Les efforts fournis par les personnels sont de moins en moins reconnus, au point que les syndicats ont unanimement refusé de signer l’accord salarial 2018, qui maintient à peine le pouvoir d’achat. C’est également unanimement qu’ils demandent aujourd’hui une réouverture des négociations !

Source : Profits du CAC 40 : la priorité aux actionnaires de plus en plus contestée

Danone va associer ses 100 000 salariés à sa gouvernance

D’ici un an, chacun des 100 000 salariés de Danone va recevoir une action de l’entreprise, et sera consulté pour participer aux choix stratégiques du groupe à l’horizon 2030, selon le principe « Une personne, une voix, une action », comme l’explique le P-DG Emmanuel Faber :

Dans les douze mois qui viennent, les salariés exprimeront leur point de vue. L’innovation est d’accepter de construire l’agenda 2020-2030, de poser les curseurs, à partir de la voix de chacun. Nous organisons nos propres états généraux de l’alimentation, dont les conclusions seront présentées lors de l’assemblée générale 2019. Avant l’AG, chaque salarié recevra une action de Danone, qui lui donnera droit à toucher un dividende que nous multiplierons.

Source : Emmanuel Faber, PDG de Danone : « Nous mettons fin au mode de décision pyramidal »

A quoi servent les entreprises ?

En janvier dernier, l’Institut de l’Entreprise présentait une enquête menée par Elabe et intitulée « A quoi servent les entreprises ? ».

Les entreprises sont perçues par les Français comme ayant un très fort impact sur leurs parties prenantes et, au-delà, sur les quartiers, villes et régions dans lesquelles elles sont implantées ainsi que sur les citoyens dans leur ensemble. Les Français expriment également de fortes attentes vis-à-vis des entreprises sur des domaines essentiels de leur vie – comme la création d’emploi, l’amélioration des conditions de travail, l’insertion des jeunes et l’employabilité.

Cette intensité nouvelle des attentes envers les entreprises révèle qu’aux yeux des Français, la responsabilité de l’entreprise s’étend bien au-delà des dimensions strictement économiques et financières. Les résultats de l’étude dessinent explicitement les contours de l’entreprise telle que l’espèrent les Français : soucieuse des problématiques sociales, sociétales et environnementale, combinant les avantages de la grande entreprise et de la PME, développant l’employabilité  des collaborateurs et l’emploi des jeunes, instaurant un partage des profits qu’ils percevraient comme plus équitable, accordant une place plus importante pour les salariés dans les instances de gouvernance.

De nombreuses entreprises jouent déjà un rôle de premier plan sur ces différents  sujets. Mais l’image de l’entreprise dans son ensemble reste structurellement grevée par le fossé entre les Français les plus favorisés – qui ont une image de l’entreprise plutôt positive – et les Français les moins favorisés qui ont une perception plus négative, teintée de méfiance voire de colère. L’étude dessine donc en creux un questionnement sur l’utilité sociale de l’entreprise et le besoin de renforcer la connaissance des actions d’intérêt général menées par les entreprises.

Source : A quoi servent les entreprises ?

1 entreprise (de plus de 10 salariés) sur 3 n’a pas de représentant du personnel

Malgré l’obligation légale, 33% des établissements de plus de 10 salariés (et 54% des établissements de 11 à 19 salariés) ne sont couverts par aucune instance représentative du personnel. C’est ce que nous révèle la récente étude de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares). Dans 50% des cas, cette carence est expliquée par l’absence de candidatures lors des dernières élections professionnelles, et dans 25% des cas, par « l’absence de demande » des salariés.

Dans la plupart des situations, le représentant de la direction renvoie ainsi au manque d’intérêt ou d’implication des salariés l’absence de représentant du personnel.

Source : Un tiers des entreprises n’ont pas de représentant du personnel

Peut-on entreprendre en France quand on est une femme ?

Un article qui nous rappelle que les femmes sont encore confrontées à de trop nombreuses difficultés lorsqu’elles se lancent dans la création d’une entreprise en France.

En tant que femmes, on doit se battre davantage pour exister dans le monde historiquement masculin de l’entrepreneuriat, comme si on avait plus de choses à prouver. Alors que le fait d’être une femme ne devrait être ni un avantage, ni un handicap.

Source : Peut-on entreprendre en France quand on est une femme ?

Les Français et le télétravail : entre attentes et craintes

Alors que les blocages de transports ferroviaires qui paralysent les déplacements en France ont notamment conduit la ministre du Travail à se transformer en VRP du télétravail, une étude, réalisée par Harris Interactive pour l’observatoire Enedis, témoigne des opinions des Français sur cette pratique.

S’ils y sont globalement favorables, c’est de façon raisonnée (51% opteraient pour le temps partiel contre 14% seulement pour le temps complet). Et les avantages qu’ils associent au télétravail (meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée, réduction de la pollution, responsabilisation des salariés) sont largement compensés par les risques qu’ils entrevoient (frontière moins claire entre vie professionnelle et vie privée, sentiment  de solitude, difficulté pour le travail collectif).

Source : Cinq chiffres clés sur les attentes des Français en matière de télétravail

Le malaise des cadres et des professions intermédiaires s’accroît

A l’occasion de son 18ème congrès, la CGT des Ingénieurs, cadres et techniciens (Ugict-CGT) a rendu public son baromètre, construit en partenariat avec Sécafi et réalisé par Viavoice, sur la situation et les aspirations des cadres et des professions techniciennes et intermédiaires.

Majoritairement confrontés à l’explosion de leur temps et de leur charge de travail, avec des salaires qui ne suivent pas, les cadres ont par ailleurs le sentiment de ne pas être associés aux choix stratégiques de leurs entreprises, dont les pratiques entrent régulièrement en contradiction avec leurs éthiques professionnelles. Des sentiments que partagent majoritairement les techniciens et professions intermédiaires, nombre d’entre eux dénonçant par ailleurs une détérioration des pratiques managériales, qui les empêchent d’effectuer un travail de qualité.

Source : Baromètre Sécafi / Ugict-CGT, réalisé par ViaVoice – Opinions et attentes des cadres et des techs et professions intermédiaires

Parité au travail : des mesures attendues, mais aussi des mentalités à changer

Les résultats d’une étude réalisée par Viavoice pour France 2 et RTL mettent en avant de fortes attentes, au sein de l’opinion publique, pour réduire, ou mieux supprimer, les inégalités entre les femmes et les hommes dans le cadre professionnel. Mais au-delà des mesures à mettre en place dans les entreprises, ils révèlent aussi des efforts importants à faire sur le plan des représentations et des mentalités. De fait si les inégalités dont sont victimes les femmes dans le monde du travail ne sont plus mises en doute (75 % des interviewés en sont conscients, mais 60 % seulement chez les hommes), les a priori sur des métiers « plus adaptés aux hommes ou aux femmes » sont toujours vivaces (pour 60% des Français), de même que les préférences de genre en matière de management ou de collègues de travail.

Source : Hommes et femmes au travail, vers l’égalité ?

Les salariés s’estiment peu préparés aux transformations à venir de leurs métiers

Les premiers résultats de l’enquête réalisée par BVA pour le compte du cabinet de conseil en management et RH BPI Group, qui analyse les sentiments des salariés français face à l’évolution de leurs métiers, font ressortir quatre enseignements principaux : une grande majorité (77%) s’attend à une évolution (forte pour 23%) des compétences nécessaires pour réaliser leur travail dans les trois prochaines années. Face à ces évolutions, seuls la moitié des salariés (54%) se sentent bien préparés, et pour cause : moins d’1 sur 3 (31%) s’est vu proposer une formation adaptée à ces transformations. Pas étonnant, dans ces conditions, que 35% des salariés se sentent exposés à un risque de perte d’emploi !

Source : Enquête BPI Group : un salarié sur trois se sent exposé à un risque de perte d’emploi

Front social : le printemps est-il arrivé ?

La fin de semaine dernière a marqué le début d’un printemps social que les syndicats espèrent fertile, avec, jeudi, la manifestation des cheminots et des fonctionnaires contre la réforme du secteur public, et vendredi, celle du personnel d’Air France pour la revalorisation des salaires. Si, de l’avis des syndicats et des commentateurs, ces premières opérations ont globalement été des réussites, le gouvernement, lui, ne croit pas à une convergence des différentes revendications dans un mouvement social dur qui paralyserait le pays.

Mais les syndicats ont-ils la volonté et les moyens d’organiser cette convergence ? En débattent les journalistes Aude Lancelin, Sylvain Bourmeau et Brice Couturier.

Intelligence artificielle : vers des « collaborateurs augmentés » ?

C’est officiel : « 2018 sera l’année du passage à l’échelle industrielle de l’IA » ! En tout cas, c’est la récente étude du Boston Consulting Group et du groupe de protection sociale Malakoff Médéric qui le certifie.

Si ce type d’affirmation péremptoire fait trop souvent long feu, cette étude, qui évalue les impacts à venir de l’IA sur les entreprises et leur « capital humain », mérite quand même qu’on s’y arrête. On y apprend par exemple que si les dirigeants considèrent très majoritairement l’intelligence artificielle comme une « bonne chose » pour leur entreprise et pour eux-mêmes, les salariés sont nettement moins enthousiastes (ça se voit même dans un graphique qui ne représente pas les opinions négatives ;-)).

Source : L’intelligence artificielle pourrait créer des « collaborateurs augmentés »

Handicap : la France va simplifier sa politique d’aide à l’emploi

En France, le taux de chômage des personnes en situation de handicap atteint 19 %, soit près du double du taux global ! Parmi les facteurs expliquant cette situation, les contraintes administratives imposées aux entreprises comme aux demandeurs d’emploi constituent des obstacles majeurs. Pour tenter de les lever, le gouvernement a lancé, il y a quelques semaines, une concertation avec les syndicats de salariés et d’employeurs, ainsi qu’avec le Conseil national consultatif des personnes handicapées.

Sources :
Handicap : la France va simplifier  sa politique d’aide à l’emploi
Emploi et handicap : pour des entreprises plus inclusives

Le « flex office » ne fait pas que des heureux

Le bureau nomade, nouveau Graal des grandes entreprises, se veut officiellement une réponse adaptée aux nouvelles pratiques de travail en mode projet. Permettant (surtout ?) aux entreprises d’économiser des mètres carrés, cette révolution n’est pas toujours bien vécue par des salariés devenant des « sans bureau fixe ».

Source : Le flex office ne fait pas que des heureux