Robots : vers la fin du travail ?

A travers ce document de travail, Gilles Saint-Paul, économiste français spécialisé dans l’étude du marché du travail, fait entendre sa voix sur l’une des questions les plus débattues du moment. En voici le résumé :

L’histoire économique nous enseigne que si le progrès technique ne profite pas à tous les travailleurs lorsqu’il apparaît, à long terme il est le facteur principal de la hausse extraordinaire des salaires et du niveau de vie que l’économie mondiale a connue depuis la révolution industrielle. Pourtant, les progrès de la robotique pourraient bien remettre en question cet optimisme et donner raison aux cassandre qui prophétisaient la fin du travail. En effet, le champ de ces technologies ne cesse de progresser, au point où la totalité des tâches effectuées par les humains seraient robotisables. Si c’est le cas, l’économie et la société en seraient profondément transformés. On considère cinq scénarios. Dans trois d’entre eux, une classe humaine quasi-oisive se maintient grâce à destransferts prélevés sur la production effectuée par les robots. Ces transferts peuvent s’effectuer à travers l’Etat-Providence, le clientélisme d’une oligarchie possédant les robots, ou le maintien néo-fordiste d’emplois tertiaires dont la fonction essentielle serait le versement d’un salaire qui permettrait le maintien du pouvoir d’achat. En l’absence de mécanismes redistributifs, on envisage deux autres scénarios. Selon le scénario malthusien, le salaire tombe au niveau du salaire de subsistance et la population humaine diminue, ne laissant subsister qu’une classe de rentiers vivant de la possession de robots. Selon le scénario virtuel, le salaire de subsistance lui-même baisse considérablement sous l’effet des nouvelles technologies : la population se maintient en dépit des baisses de salaire.

Source : Robots : vers la fin du travail ?

Réforme du Code du travail : priorité à la concertation ?

En début de semaine, le Premier ministre, Edouard Philippe et la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, ont envoyé aux partenaires sociaux un « programme de travail » pour réformer le Code du travail. Et pour éviter de connaître les difficultés qui ont marqué la mise en œuvre de la Loi travail par le précédent gouvernement, l’exécutif mise sur la concertation avec les organisations syndicales et patronales.

Prudent dans sa réaction face à un projet aux contours encore assez flous, François Hommeril, le président de la CFE-CGC, estime que « c’est au résultat qu’on devra juger ».

Sources :
Code du travail : comment le gouvernement veut éviter l’incendie
Réforme du Code du travail : la CFE-CGC prévient que c’est « au résultat qu’on devra juger »

La Maif se dote d’une charte pour « un numérique humain et éthique »

Certes, d’autres  groupes se sont déjà dotés de documents similaires, mais les engagements autour de la thématique « placer les technologies numériques au service de l’homme » sont suffisamment neufs et intéressants pour qu’on les mentionne.

La révolution numérique que nous vivons comporte un certain nombre de risques, au regard des libertés individuelles (usages des données, utilisation de l’intelligence artificielle), mais aussi en termes de coûts sociaux, avec des possibles destructions d’emplois. Nous voulons affirmer que notre conception de la transformation digitale n’ira pas à l’encontre des valeurs fondamentales que porte la Maif.

Source : La Maif se dote d’une charte pour « un numérique humain et éthique »

Inégalités : un rapport pointe la face noire du marché du travail

« La montée des inégalités fait peser une menace croissante sur la cohésion du pays. » Dans la première édition de son rapport , publiée en 2015, l’Observatoire des inégalités mettait en avant la « très nette corrélation » entre cette tendance, lourde de conséquences pour les valeurs de la République comme pour la performance économique, et les orientations de politiques publiques.

Source : Inégalités : un rapport pointe la face noire du marché du travail

Code du travail : l’accord d’entreprise doit-il primer ?

Depuis quelques jours, Emmanuel Macron et son premier ministre rencontrent les partenaires sociaux pour préparer le terrain à une réforme du Code du travail. L’axe majeur de leur projet serait le renforcement de la primauté des accords d’entreprise sur les accords de branche et les dispositions législatives. Les défenseurs de cette inversion de la hiérarchie des normes considèrent qu’une telle souplesse est nécessaire pour mieux répondre aux besoins des entreprises, et donc pour développer l’emploi. Ses opposants y voient au contraire une façon de fragiliser les salariés en favorisant le dumping social.

Gilbert Cette, économiste français spécialisé dans l’étude du marché du travail, des temps de travail et de la productivité, et Emmanuel Dockès, professeur en droit du travail, débattent de de cette question.

“Facebook Files” : ce que nous révèlent les manuels de modération de Facebook – L’actu Médias / Net – Télérama.fr


Le quotidien britannique “The Guardian” a publié des dizaines de documents, internes à Facebook, détaillant la politique de modération du réseau social. Qui, par exemple, censure les appels au meurtre contre Donald Trump mais tolère les photos de maltraitance infantile.

Source : “Facebook Files” : ce que nous révèlent les manuels de modération de Facebook – L’actu Médias / Net – Télérama.fr

« Pédale ou crève » : dans la peau d’un livreur Foodora

Concurrence entre coursiers, sécurité négligée, précarité… Notre journaliste a passé trois semaines à livrer burgers et pizzas aux quatre coins de Paris.

Source : « Pédale ou crève » : dans la peau d’un livreur Foodora

Un reportage instructif sur la vie des coursiers « de plateforme »… qui ne surprend pas vraiment, notamment quand on en croise régulièrement dans nos villes.

Quant à la « coolitude » des jobs qu’on peut se trouver via les nouvelles plateformes de tout poil, qui en effet constituent un incroyable recul vers le « tâcheronnage », on en rirait… si ce n’était pas à pleurer, en particulier pour ceux dont c’est le seul espoir de (sur)vivre parce qu’ils ne trouvent aucun vrai travail.

Le ministère du Travail confié à Muriel Penicaud

Voilà deux articles qui présentent cette spécialiste des ressources humaines, dirigeante passée par le public et le privé, dont le Conseil d’administration du groupe Orange, de 2011 à 2014.

Source : Muriel Pénicaud, une ministre du Travail au « profil exemplaire » selon les patrons
Le travail, l’un des plus gros chantiers du gouvernement, sera géré par une ancienne DRH

Quels types d’organisation du travail à l’horizon 2030 ?

France Stratégie, Commissariat général à la stratégie et à la prospective rattaché au Premier Ministre, vient de publier un très intéressant document de travail prospectif, qui s’intéresse à l’évolution futures des quatre grands modèles d’organisation du travail qui existent aujourd’hui.

Les organisations du travail sont un élément prédictif majeur pour imaginer le travail de demain. Elles ont contribué à modeler le monde d’aujourd’hui, et leur évolution sera porteuse de profonds changements à la fois pour les travailleurs, pour l’économie et pour la société dans son ensemble. Si les organisations dites apprenantes et hautement participatives offrent de bonnes perspectives aux salariés (stabilité de l’emploi, accès à la formation continue, conditions de travail satisfaisantes, etc.), d’autres modèles pourraient leur être moins favorables. Comment ces organisations du travail évolueront-elles d’ici 2030 ? Ces mutations seront-elles sources d’amélioration en termes de qualité du travail, de pratiques managériales et de mobilité ? En se fondant sur leurs caractéristiques actuelles et sur les grandes tendances – économiques, technologiques, démographiques et sociétales – qui façonneront  les  quinze  prochaines  années,  ce document propose  quatre  évolutions  possibles des modes d’organisation du travail : un boom des organisations apprenantes, l’essor de la plateforme apprenante virtuelle, le recours à un super-intérim et l’apparition d’un taylorisme new age. À chaque fois, il esquisse les conséquences sur la vie au travail comme sur la capacité des entreprises à bien figurer dans la compétition mondiale. Ces scénarios ne constituent pas des prédictions mais visent à nourrir la réflexion sur l’avenir du travail : si certains peuvent apparaître inquiétants, d’autres sont davantage porteurs d’espoir.

Source : Imaginer l’avenir du travail – Quatre types d’organisation du travail à l’horizon 2030

Consultation des e-mails par l’employeur : les grands principes

Maître Rodolphe Olivier, avocat associé à CMS Bureau Francis Lefebvre, nous propose une mise au point sur la législation en matière de consultation par les employeurs des e-mails reçus et envoyés par leurs salariés sur leur lieu de travail.

Source : Consultation d’e-mails par l’employeur : rappel des principes

Dans les pays en développement, deux tiers des emplois menacés par l’automatisation ?

C’est en tout cas l’estimation terrifiante du président américain de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, qui évoque notamment des taux de destruction d’emplois de 85% pour l’Ethiopie, mais aussi 77% pour la Chine ! Si nous ne disposons malheureusement pas du détail des sources d’où il tire ses prévisions, voilà cependant de quoi alimenter encore le débat sur l’impact de la robotisation sur le marché du travail.

Source : Robots : les propos alarmants de la Banque mondiale sur l’emploi

McKinsey estime que plus de 40 % des emplois en France sont menacés par la robotisation

Le cabinet McKinsey vient à son tour apporter son écot au débat (dont nous nous sommes notamment fait l’écho ici, ici ou ) concernant l’ampleur du phénomène de destruction des emplois induit par la robotisation. Le verdict de son étude, qui repose sur l’analyse des économies de 46 pays dans le monde, représentant 80 % du marché du travail mondial, est terrible : aujourd’hui, la moitié des activités de l’économie mondiale pourraient être robotisées, ce qui aboutirait à la destruction de 1,2 milliards d’emplois à temps plein. Avec un potentiel de substitution de 43%, la France ferait plutôt figure de rescapée…

Source : En France, 40 % des emplois peuvent être remplacés par des machines

Le TGV illimité, enjeu de la transformation du travail

En matière de transformation du travail, l’accès à la mobilité joue aussi un rôle déterminant et notamment l’accès aux transports nationaux et transnationaux comme le TGV.

Source : Le TGV illimité, enjeu de la transformation du travail

Une réflexion intéressante, tant sur les facteurs qui transforment le travail et permettent de faciliter ou de rentabiliser des activités, que sur les transformations induites par les modèles de tarification « illimitée » dans différents domaines.

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