Une étude met en doute l’efficacité d’un logiciel censé prédire la criminalité

Un logiciel peut-il prédire le risque de récidive criminelle ? C’est en tout cas ce qu’est censé faire, aux Etats-Unis, l’algorithme Compas (pour Correctional Offender Management Profiling for Alternative Sanctions), utilisé par les juges de nombreuses juridictions en tant qu’outil d’aide à la décision. Or, une récente étude du Dartmouth College remet fortement en question son efficacité :

Ce logiciel commercial largement utilisé pour prédire la récidive n’est pas plus pertinent ni juste que les prédictions de personnes n’ayant aucune ou peu d’expertise judiciaire.

Source : Pas plus efficace que les humains, l’algo qui veut prédire la criminalité est épinglé

Comment le numérique transforme la nature du salariat

Une intéressante mise au point signée Olivier Passet, Directeur des synthèses chez Xerfi, qui montre que l’emploi salarié reste toujours aussi dominant dans les statistiques (non, le salariat ne va pas se transformer en une relation client-fournisseur !), mais que dans certains secteurs, le numérique suscite des évolutions qui, demain, pourraient bien faire tendance.

Les entreprises high-tech françaises stratégiques bientôt protégées des investisseurs étrangers

Jusqu’ici, seuls les secteurs de l’énergie, des transports, des télécoms, de l’eau ou de la santé étaient concernés par les mesures de contrôle des investissements étrangers prévues dans le « décret Montebourg ». Le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire veut élargir ce décret aux secteurs technologiques les plus en pointe.

Je pense par exemple à tout ce qui a trait à la protection des données personnelles. Est-ce qu’on a vraiment envie que des investisseurs puissent commercialiser des données qui nous appartiennent ? Je pense à l’intelligence artificielle, secteur très sensible sur lequel nous voulons investir davantage.

Source : Investissements étrangers : l’État va élargir sa sphère de contrôle aux high-tech

Démission de la quasi-totalité des membres du CNNum

Suite à l’ingérence du gouvernement qui avait réclamé, la semaine dernière, le départ de la militante antiraciste Rokhaya Diallo, du Conseil National du Numérique fraîchement nommé, sa Présidente, Marie Ekeland, et la quasi-totalité de ses membres ont choisi de démissionner.

Le projet que j’ai porté d’ouverture, d’indépendance de pensée et de diversité, a été mis à l’épreuve dès le démarrage. Je ne vois pas aujourd’hui, comment continuer à le porter en maintenant son essence et de bonnes chances de réussite.

Sources :
Ingérence du gouvernement au CNNum : la présidente Marie Ekeland a démissionné
Le nouveau Conseil national du numérique explose au décollage

Libérer, délivrer… et surveiller ? Le manager sous tension

Comment manager en confiance ? Doit-on libérer ses collaborateurs des contraintes de « l’ancien monde » ? Ou faire usage des outils de transparence numérique pour mieux piloter, et surveiller, à distance afin de produire plus de résultats ?

Dans leur ouvrage, Julie Bastianutti, Marguerite Descamps et Frédéric Petitbon ont réfléchi aux contradictions, sources de tensions, que les managers doivent affronter dans le « nouveau monde ».

Source : Libérer, délivrer… et surveiller ? Les tensions vécues par le manager dans les organisations entre nouveau et ancien monde

Quand les GAFA s’efforcent de séduire les enfants

Quelques semaines après la polémique qui a contraint YouTube à enlever de sa plateforme YouTube Kids, dédiée aux enfants, 150 000 vidéos inappropriées, Facebook montre à son tour son intérêt pour cette cible en lançant Messenger Kids pour les 6-12 ans. Les géants du numérique espèrent ainsi séduire, presque au berceau, une nouvelle génération d’utilisateurs.

Source : Les raisons de l’intérêt des GAFA pour nos enfants

Les Français divisés face aux changements qui impactent l’économie

L’étude Ipsos/Sopra Steria et Lire la Société portant sur la perception par les Français des nouveaux enjeux de l’économie souligne, une fois de plus, la profonde fracture sociale qui divise notre pays. De fait, sur à peu près toutes les questions, un clivage très net sépare les catégories moyennes et supérieures, plus confiantes en l’avenir, des catégories populaires, qui se perçoivent comme moins bien armées pour faire face aux défis qui vont se présenter à eux.

Par exemple, concernant l’impact des technologies numériques sur l’emploi, une moyenne de 34% des Français y voient une menace, mais ce pourcentage monte à 42% chez les ouvriers, alors qu’ils se limite à 19% chez les cadres.

Source : Des Français divisés face aux nouveaux enjeux de l’économie

Quel futur pour l’État numérique ?

Ouverture des données publiques, services publics numériques, montée des civic tech… Comment l’Etat s’accommode-t-il des mutations numériques ? Comment peut-il être lui-même acteur et promoteur de cette révolution ?

Pour en parler et en débattre, retrouvons Nicolas Princen, ancien conseiller au numérique de Nicolas Sarkozy, Paula Forteza, députée rapporteure du groupe de travail « La démocratie numérique et les nouvelles formes de participation citoyenne », Henri Verdier, Directeur interministériel du numérique et du système d’information de l’Etat, Emmanuel Paquette, journaliste spécialisé dans les nouvelles technologies, et Camille Putois, fondatrice de K, plateforme d’aide aux démarches administratives.

Sommes-nous plus distraits… et moins productifs que jamais ?

Alors que le temps moyen de concentration d’un être humain est désormais de 8 secondes, ce qui le place juste derrière… les 9 secondes du poisson rouge, on peut légitimement se demander dans quelle mesure l’économie souffre de cette « crise de l’attention ». C’est la question que s’est posée Dan Nixon, un économiste de la Bank of England, dans un récent article, ici en version originale.

Source : Sommes-nous plus distraits… et moins productifs que jamais ?

La fracture numérique se résorbe… lentement

La dernière édition du Baromètre du numérique, étude réalisée par le Crédoc sous la direction de l’Arcep, du Conseil général de l’économie et de l’Agence du Numérique, vient d’être rendue publique. Mesurant l’adoption par les Français des outils numériques, elle constate la démocratisation du smartphone (73% d’équipement chez les Français de plus de 12 ans), qui devient logiquement l’outil préférentiel de connexion à Internet (42% contre 38% pour l’ordinateur). Avec lui, tous les usages offerts par la société numérique progressent.

Mais, si la fracture numérique se réduit peu à peu, elle est encore bien réelle et laisse encore des millions de personnes en dehors de la toile : 12 % des interviewés, contre 15% en 2016, ne se connectent jamais à Internet, tandis que 33% s’estiment peu ou pas compétents pour utiliser un ordinateur (31% pour un smartphone), un chiffre toutefois en diminution de 12 points par rapport à 2013.

Reste maintenant au secrétaire d’Etat chargé du numérique, Mounir Mahjoubi, à trouver les solutions les plus favorables à l’accompagnement de ces exclus du numérique.

Ce ne sera pas la même solution d’un département à l’autre. Je veux que tous les acteurs disent quels publics sont éloignés, ensuite on regardera qui est capable d’accompagner. Des départements auront un tissu d’associations du numérique très dense. L’enjeu, c’est de savoir comment on leur donne une place importante et comment on les finance. D’autres n’ont pas d’associations : on va regarder si on favorise leur création ou si on donne les moyens aux maisons du service au public.

Source : Baromètre du numérique 2017 : la fracture se résorbe… lentement

Pas facile d’être une femme dans le milieu de la tech !

Le sujet n’est, hélas, pas une nouveauté. Ainsi, fin 2013, Fleur Pellerin, alors ministre de l’Économie numérique, dénonçait « Le sexisme insidieux du numérique ». Mais, longtemps tabou, il a été mis sous l’éteignoir, avant que ne se déclenche, en 2017, un mouvement salutaire de libération de la parole initié aux Etats-Unis, sous l’effet de plusieurs scandales qui ont touché la Silicon Valley et, plus récemment de l’affaire Weinstein.

En France, des étudiantes de l’école 42, ont témoigné sur le malaise qu’elles ressentent dans le cadre de leurs études à l’institut de formation informatique, entre machisme ambiant et comportements ou remarques déplacés de leurs congénères. Cette école n’a toutefois pas l’apanage du sexisme : en 2013, un mémoire en sociologie évoquait déjà ce fléau au sein de l’école Epitech. Par ailleurs, les premiers résultats d’une étude menée actuellement par la start-up Social Builder, auprès d’étudiants d’une vingtaine de formations aux métiers du numérique, sont tout simplement accablants.

Alors que le pourcentage de femmes dans les filières high-tech est en diminution, le sexisme étant un des facteurs expliquant cette tendance à la baisse, il est désormais temps d’AGIR !
Pour les formations incriminées, l’instauration d’une tolérance zéro vis-à-vis de ces comportements intolérables apparaît comme une évidence.
Des initiatives de promotion de la mixité dans le secteur du numérique existent déjà : à l’intérieur même des écoles (code[Her] à l’école 42, E-mma à Epitech), dans le cadre d’associations dédiées, comme StartHer ou  Women in Games, et bien sûr, sous l’égide de l’Etat, à l’instar du trop éphémère plan d’action « Sexisme, pas notre genre » mis en place en septembre 2016 par le secrétariat d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes. Il convient de les multiplier pour faire sortir les femmes de la position de « minorité visible » où elles sont confinées dans le monde de la tech.

Personne ne peut prétendre avoir la solution miracle et instantanée pour résoudre ce problème, qui commence à affecter réellement les entreprises et les recruteurs, et pas seulement pour des raisons « politiquement correctes »: s’il n’y a pas assez de femmes dans l’univers du numérique, il est aussi à craindre que les services offerts manquent la cible des femmes, qui pour le coup pèsent souvent bien plus lourd dans la balance économique, notamment parce que se sont souvent elles qui décident des dépenses des ménages.

Il va de soi qu’un engagement de la société dans son ensemble est nécessaire pour faire bouger les choses, depuis l’éducation des jeunes enfants, pour faire savoir aux filles comme aux garçons qu’elles sont légitimes partout et qu’elles méritent d’être accueillies partout avec le même respect que les hommes. Toutes les initiatives qui vont dans le sens d’une meilleur équité méritent donc toute notre attention, car pour le moment personne ne connaît « la » solution, et c’est plus probablement un éventail de solutions qui doit être déployé. Nous les suivrons donc dans ce blog. N’hésitez pas à nous faire part des actions efficaces dont vous avez connaissance !

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