Comment le numérique transforme la nature du salariat

Une intéressante mise au point signée Olivier Passet, Directeur des synthèses chez Xerfi, qui montre que l’emploi salarié reste toujours aussi dominant dans les statistiques (non, le salariat ne va pas se transformer en une relation client-fournisseur !), mais que dans certains secteurs, le numérique suscite des évolutions qui, demain, pourraient bien faire tendance.

La 5G, une révolution sous conditions

Que faut-il vraiment attendre de la 5G ? Simple évolution de la 4G ou véritable révolution technologique, susceptible d’impacter de nombreux secteurs ? Alexandre Ménard, Directeur associé du cabinet McKinsey & Company, fait le point.

Source : La 5G, une révolution sous conditions

Opérateurs : investissements record en 2017, revenus et emploi en baisse

Les chiffres de l’étude d’Arthur D. Little sur l’économie des télécoms, dévoilée lors du traditionnel bilan de fin d’année de la Fédération française des télécoms (FTT), rejoignent malheureusement ceux que nous vous proposons dans le cadre de notre série Les opérateurs télécoms en 5 graphiques. « Entre 2010 et 2016, le chiffre d’affaires a baissé de 20 %, alors que les investissements ont progressé de 40 % », affirme Pierre Louette, Directeur général délégué d’Orange et Président de la FFT, qui oublie un peu, au passage, d’évoquer le volet emplois…

Les opérateurs ne rechignent pas à investir, mais la FFT pointe du doigt une politique gouvernementale qui alourdit le poids des taxes et impôts au fil des années : taxe « Copé » (sur la contribution à l’audiovisuel), IFER (taxe sur le déploiement des antennes), sans oublier les enchères autour de l’attribution des fréquences, manne financière auquel l’Etat reste très attaché.

Sources :
Télécoms: les opérateurs français ont investi presque 10 milliards d’euros en 2017
Mobile : les fréquences, un jackpot auquel l’Etat reste attaché

Intelligence artificielle : comment permettre à l’humain de garder la main ?

Depuis le début de l’année, La CNIL a animé le débat public sur la problématique des enjeux éthiques des algorithmes et de l’intelligence artificielle. Un rapport de synthèse vient aujourd’hui conclure cet exercice.

Source : Comment permettre à l’Homme de garder la main ? – Rapport sur les enjeux éthiques des algorithmes et de l’intelligence artificielle

Réforme du Code du travail : un coup pour rien ?

Réalisé depuis 2009 par Ipsos et le Centre des études supérieures industrielles en partenariat avec Le Figaro, l’Observatoire social de l’entreprise permet de faire régulièrement le point sur le moral des chefs d’entreprises et des salariés du secteur privé. La vague d’enquête de novembre 2017 incluait un volet thématique concernant la Loi Travail. Saluée par les dirigeants, inquiétant les salariés, cette dernière rassemble tout le monde sur un point : les ordonnances Macron ne devraient pas avoir d’impact ni sur les effectifs (ou alors plutôt à la baisse, selon les salariés), ni sur le dialogue social de leurs entreprises !

Source : Code du Travail: les ordonnances Macron n’auront pas d’impact sur l’emploi selon les patrons et salariés

Neutralité du Net : quelle stratégie en France ?

C’est aujourd’hui que les Etats-Unis devraient enterrer la neutralité du Net sur leur territoire. En France, cette question revient logiquement sur le devant de l’actualité : au gré d’une interview, le P-DG d’Orange, Stéphane Richard, plaide pour « des internets avec des fonctionnalités et puissances différentes » et demande à ce qu’on « laisse faire » les opérateurs ; parallèlement, le président de l’Arcep, Sébastien Soriano, livre, lui, un plaidoyer pour la neutralité du Net, qu’un groupe de travail de l’Assemblée nationale propose même d’inscrire dans la Constitution.

Evidemment, tous affirment parler dans l’intérêt des consommateurs. Alors, faut-il sauver la neutralité du net ? Un débat entre Michel Combot, directeur général de la Fédération française de télécoms, Axelle Lemaire, ancienne secrétaire d’Etat chargée du Numérique et de l’innovation, et Valérie Nicolas, universitaire spécialiste du droit des TIC, nous en apprend plus sur cette question complexe.

Source :
Pourquoi la fin de la neutralité du Net fait peur
Stéphane Richard (Orange) veut « des internets avec des fonctionnalités et puissances différentes »
Europe Has a Message for Americans on Net Neutrality
Et si l’on inscrivait la neutralité du net dans la Constitution ?

La qualité de vie au travail, en amélioration pour tous… Vraiment ?

Cegos vient de nous livrer la dernière édition de son baromètre annuel sur le climat social et la qualité de vie au travail (à consulter en version (très) résumée ou en version complète), qui s’intéresse aux écarts de perception en la matière des salariés, des managers et de la DRH.

Or, si tous s’accordent sur le constat d’une amélioration du climat social dans leurs entreprises sur les dernières années et notent une amélioration de leurs conditions de travail, on note un certain spleen chez les managers, moins épanouis qu’avant et, logiquement, moins impliqués.

On observe par ailleurs un certain essoufflement de l’effet nouveauté des outils numériques, le digital venant de plus en plus s’ancrer dans le quotidien des travailleurs.

Enfin, si le stress semble de mieux en mieux pris en compte, le burn-out et la dépression s’ancrent durablement dans le paysage professionnel.

Sources :
Qualité de vie au travail : les managers sont-ils en train de basculer en plein spleen ?
L’effet magique du numérique sur le management serait-il en train de s’atténuer ?
Le burn out et la dépression s’ancrent durablement dans le monde professionnel

Jeunes et emploi : la quête de sens

Un récent sondage OpinionWay – 20 Minutes pour l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire affirme notamment que le critère numéro un de choix d’un emploi pour les 18-30 ans est le « sens », devant d’autres critères plus objectifs comme la rémunération, la possibilité de concilier vie privée et vie professionnelle (plutôt une nouveauté par rapport aux générations précédentes) ou la situation géographique de l’entreprise. De quoi amener les entreprises à se repenser pour séduire cette « cible ».

Sources :
Un métier qui a du sens, premier critère de choix pour les jeunes
Les entreprises face aux nouvelles exigences de la génération Y

Les Français divisés face aux changements qui impactent l’économie

L’étude Ipsos/Sopra Steria et Lire la Société portant sur la perception par les Français des nouveaux enjeux de l’économie souligne, une fois de plus, la profonde fracture sociale qui divise notre pays. De fait, sur à peu près toutes les questions, un clivage très net sépare les catégories moyennes et supérieures, plus confiantes en l’avenir, des catégories populaires, qui se perçoivent comme moins bien armées pour faire face aux défis qui vont se présenter à eux.

Par exemple, concernant l’impact des technologies numériques sur l’emploi, une moyenne de 34% des Français y voient une menace, mais ce pourcentage monte à 42% chez les ouvriers, alors qu’ils se limite à 19% chez les cadres.

Source : Des Français divisés face aux nouveaux enjeux de l’économie

Quel futur pour l’État numérique ?

Ouverture des données publiques, services publics numériques, montée des civic tech… Comment l’Etat s’accommode-t-il des mutations numériques ? Comment peut-il être lui-même acteur et promoteur de cette révolution ?

Pour en parler et en débattre, retrouvons Nicolas Princen, ancien conseiller au numérique de Nicolas Sarkozy, Paula Forteza, députée rapporteure du groupe de travail « La démocratie numérique et les nouvelles formes de participation citoyenne », Henri Verdier, Directeur interministériel du numérique et du système d’information de l’Etat, Emmanuel Paquette, journaliste spécialisé dans les nouvelles technologies, et Camille Putois, fondatrice de K, plateforme d’aide aux démarches administratives.

Selon McKinsey, les robots vont accaparer entre 400 et 800 millions d’emplois d’ici à 2030

Voilà donc un nouveau rapport qui vient alimenter la réflexion sur cette problématique. Il est l’œuvre du cabinet McKinsey, qui a mené une étude dans 46 pays et sur 800 professions différentes. Selon ses conclusions, de 400 à 800 millions d’actifs (soit un cinquième du total mondial) pourraient se voir remplacés par des robots dans leur emploi, 75 à 375 millions d’entre eux étant même forcés de changer de catégorie de métier et d’apprendre de nouvelles compétences. Ces chiffres varient évidemment en fonction des pays, les économies industrialisées étant les plus touchées, et des professions considérées.

Source : Automatisation : 375 millions de personnes forcées de changer d’emploi d’ici 2030 ?

Inquiets pour leurs données, les Français freinent leur utilisation d’Internet

Source : Inquiets pour leurs données, les Français freinent leur utilisation d’Internet

L’étude mentionnée dans cet article, réalisée avec le CREDOC et suivie depuis déjà plusieurs années, est disponible dans son intégralité sur le site de l’Arcep.

Un petit extrait de l’infographie qui donne à réfléchir :

Quel monde du travail pour demain ?

La nature du travail s’est modifiée sous l’égide de nouvelles pratiques de flexibilité, en flux tendu. Comment penser l’avenir du travail dans un tel contexte ? Quels défis devrons-nous relever ?

Source : Quel monde du travail pour demain ?

L’article se passe de commentaire : il faut juste le lire, et réfléchir collectivement dans tous les groupes concernés, d’une part sur ce que l’on veut promouvoir, et d’autre part sur les leviers à activer pour l’obtenir.

Ce ne sera pas simple, et il sera impossible de faire l’impasse l’action collective des travailleurs, avec des démarches suffisamment puissantes pour faire pièce aux puissances en présence, dans les entreprises comme dans les états, qui rêvent d’abord des gains de productivité induits par les nouvelles technologies avant de se préoccuper de la place des travailleurs ou du partage des gains.

La fracture numérique se résorbe… lentement

La dernière édition du Baromètre du numérique, étude réalisée par le Crédoc sous la direction de l’Arcep, du Conseil général de l’économie et de l’Agence du Numérique, vient d’être rendue publique. Mesurant l’adoption par les Français des outils numériques, elle constate la démocratisation du smartphone (73% d’équipement chez les Français de plus de 12 ans), qui devient logiquement l’outil préférentiel de connexion à Internet (42% contre 38% pour l’ordinateur). Avec lui, tous les usages offerts par la société numérique progressent.

Mais, si la fracture numérique se réduit peu à peu, elle est encore bien réelle et laisse encore des millions de personnes en dehors de la toile : 12 % des interviewés, contre 15% en 2016, ne se connectent jamais à Internet, tandis que 33% s’estiment peu ou pas compétents pour utiliser un ordinateur (31% pour un smartphone), un chiffre toutefois en diminution de 12 points par rapport à 2013.

Reste maintenant au secrétaire d’Etat chargé du numérique, Mounir Mahjoubi, à trouver les solutions les plus favorables à l’accompagnement de ces exclus du numérique.

Ce ne sera pas la même solution d’un département à l’autre. Je veux que tous les acteurs disent quels publics sont éloignés, ensuite on regardera qui est capable d’accompagner. Des départements auront un tissu d’associations du numérique très dense. L’enjeu, c’est de savoir comment on leur donne une place importante et comment on les finance. D’autres n’ont pas d’associations : on va regarder si on favorise leur création ou si on donne les moyens aux maisons du service au public.

Source : Baromètre du numérique 2017 : la fracture se résorbe… lentement

Pas facile d’être une femme dans le milieu de la tech !

Le sujet n’est, hélas, pas une nouveauté. Ainsi, fin 2013, Fleur Pellerin, alors ministre de l’Économie numérique, dénonçait « Le sexisme insidieux du numérique ». Mais, longtemps tabou, il a été mis sous l’éteignoir, avant que ne se déclenche, en 2017, un mouvement salutaire de libération de la parole initié aux Etats-Unis, sous l’effet de plusieurs scandales qui ont touché la Silicon Valley et, plus récemment de l’affaire Weinstein.

En France, des étudiantes de l’école 42, ont témoigné sur le malaise qu’elles ressentent dans le cadre de leurs études à l’institut de formation informatique, entre machisme ambiant et comportements ou remarques déplacés de leurs congénères. Cette école n’a toutefois pas l’apanage du sexisme : en 2013, un mémoire en sociologie évoquait déjà ce fléau au sein de l’école Epitech. Par ailleurs, les premiers résultats d’une étude menée actuellement par la start-up Social Builder, auprès d’étudiants d’une vingtaine de formations aux métiers du numérique, sont tout simplement accablants.

Alors que le pourcentage de femmes dans les filières high-tech est en diminution, le sexisme étant un des facteurs expliquant cette tendance à la baisse, il est désormais temps d’AGIR !
Pour les formations incriminées, l’instauration d’une tolérance zéro vis-à-vis de ces comportements intolérables apparaît comme une évidence.
Des initiatives de promotion de la mixité dans le secteur du numérique existent déjà : à l’intérieur même des écoles (code[Her] à l’école 42, E-mma à Epitech), dans le cadre d’associations dédiées, comme StartHer ou  Women in Games, et bien sûr, sous l’égide de l’Etat, à l’instar du trop éphémère plan d’action « Sexisme, pas notre genre » mis en place en septembre 2016 par le secrétariat d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes. Il convient de les multiplier pour faire sortir les femmes de la position de « minorité visible » où elles sont confinées dans le monde de la tech.

Personne ne peut prétendre avoir la solution miracle et instantanée pour résoudre ce problème, qui commence à affecter réellement les entreprises et les recruteurs, et pas seulement pour des raisons « politiquement correctes »: s’il n’y a pas assez de femmes dans l’univers du numérique, il est aussi à craindre que les services offerts manquent la cible des femmes, qui pour le coup pèsent souvent bien plus lourd dans la balance économique, notamment parce que se sont souvent elles qui décident des dépenses des ménages.

Il va de soi qu’un engagement de la société dans son ensemble est nécessaire pour faire bouger les choses, depuis l’éducation des jeunes enfants, pour faire savoir aux filles comme aux garçons qu’elles sont légitimes partout et qu’elles méritent d’être accueillies partout avec le même respect que les hommes. Toutes les initiatives qui vont dans le sens d’une meilleur équité méritent donc toute notre attention, car pour le moment personne ne connaît « la » solution, et c’est plus probablement un éventail de solutions qui doit être déployé. Nous les suivrons donc dans ce blog. N’hésitez pas à nous faire part des actions efficaces dont vous avez connaissance !

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