François Fillon contre les fonctionnaires de France Télécom: où sont VRAIMENT les compétences?

« Vous pensez qu’il y aurait de l’Internet en France si on avait toujours France Télécom avec des fonctionnaires? », s’interroge François Fillon. Une réponse.

Source : François Fillon contre les fonctionnaires de France Télécom: où sont VRAIMENT les compétences?

Une tribune de Sébastien Crozier & Hélène Marcy dans le HuffPost, pour répondre aux propos insultants de M. Fillon au CES de Las Vegas.

Les petits opérateurs pour les entreprises prêts à s’unir

Source : Les petits opérateurs pour les entreprises prêts à s’unir, High tech

Un article qui forcément amène des remarques, ne serait-ce qu’à partir de quelques morceaux choisis :

Intro

C’est une critique récurrente dans la bouche de Sébastien Soriano, le président de l’Arcep : le marché des télécoms pour entreprises doit davantage s’ouvrir à la concurrence.

Conclusion

Alors que le déploiement du très haut débit est une priorité en France, les opérateurs alternatifs ne demandent qu’une chose : pouvoir fournir la fibre à leurs clients.

Notre analyse

Le régulateur français (et les gouvernements successifs) a choisi la concurrence par les infrastructures, avec le maximum d’opérateurs actifs sur le marché. Or, déployer la fibre nécessite de gros investissements, qui ne sont pas à la portée de tous, surtout si le marché est trop morcelé : rappelons une fois encore que les télécommunications sont une industrie d’économies d’échelles, et qu’une masse significative de clients est nécessaire pour rentabiliser les déploiements de réseaux.

Une fois de plus, on constate que les voies de régulation choisies ne fonctionnent pas. Si on les change en cours de route pour imposer aux grands opérateurs d’ouvrir leurs réseaux aux acteurs qui n’ont pas participé au risque d’investissement, ils n’hésiteront pas à stopper les leur… qui n’ont de raison d’être que s’ils ont de bonnes chances de les rentabiliser, ce qui n’est pas gagné d’avance sur le marché français.
La rentabilité du mobile a déjà été détruite en 2012, et plus de 10 000 emplois avec dans le secteur des télécoms françaises. Si l’on détruit aussi celle de la Fibre, on peut s’attendre au pire : à libéraliser le marché à outrance, on a favorisé l’installation aux commandes des grands acteurs de Directions financières dont la préoccupation première n’est pas l’aménagement du territoire, ni le développement de l’emploi, mais la rentabilité la plus rapide possible pour que les marchés financiers continuent de les suivre.

A refuser sans cesse de regarder les implications globales de la libéralisation, on se retrouve régulièrement dans des impasses ! Et une fois de plus, on ne peut que s’interroger sur les compétences économiques de ceux qui nous gouvernent…

Les services qui nous surveillent sont-ils mieux contrôlés ?

Le «gendarme des écoutes», renforcé par la loi sur le renseignement, a rendu son premier rapport mardi. Malgré un accroissement de ses activités et une indépendance durcie, il montre que des zones d…

Source : Les services qui nous surveillent sont-ils mieux contrôlés ? – Libération

A remettre  en perspectives avec l’intervention de Jean-Marie Delarue lors de notre l’université d’été 2015  [Vidéo] « Loi sur le renseignement : quelles évolutions par rapport à la gestion actuelle des interceptions de sécurité ?« , que vous pouvez retrouver dans notre ouvrage « Enjeux de la numérisation de nos vies », disponible en version imprimée ou numérique sur le site des Editions du Net.

Surveillance hertzienne : le Conseil constitutionnel censure la loi renseignement

La disposition contestée permettait notamment de s’affranchir du code de procédure pénale.

Source : Surveillance hertzienne : le Conseil constitutionnel censure la loi renseignement – Le Monde

Une loi que nous avons vivement contestée lorsqu’elle était en débat : vous pouvez retrouver :

  • sur notre web TV : les interventions de Jean-Marie Delarue, à l’époque Président de la Commission Nationale de Contrôle des Interceptions de Sécurité, et de Bernard Benhamou, Enseignant sur la gouvernance de l’Internet à l’université Panthéon – Sorbonne, Secrétaire général de l’Institut de la Souveraineté Numérique
  • la synthèse de nos analyses dans notre ouvrage « Enjeux de la numérisation de nos vies« 

Du temps de travail et des vacances…

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Renault demande une flexibilité accrue à ses salariés… qui dans la pratique empêche les personnels de prendre leurs vacances (6000 jours de vacances non pris en 2015 selon la CFDT de Renault).

Aux Etats-Unis, ce sont 658 millions de jours de congés qui n’ont pas été pris en 2015… pour ne pas fâcher le boss.

En France, certains programmes politiques martèlent en permanence qu’il faut travailler plus (et souvent pour gagner au mieux la même chose qu’avant…), prétendant que cela favoriserait la compétitivité de la France.

Mais l’article de La Tribune rappelle fort justement deux règles que tous nos dirigeants devraient garder en tête :

Alors, ne nous laissons pas manipuler : les temps de repos et les vacances sont utiles, pour les individus comme pour les économies. Défendons les, et prenons les, sans état d’âme !

«Il faut s’attacher à construire une solidarité nouvelle, en même temps qu’un modèle social régénéré»

Au lendemain de l’adoption de la loi El Khomri, il est nécessaire d’établir un système social qui n’est pas soumis aux impératifs de la puissance financière. Tribune.

Source : «Il faut s’attacher à construire une solidarité nouvelle, en même temps qu’un modèle social régénéré»

Bouygues Telecom renégocie les RTT

La filiale télécoms de Bouygues est en pleine réorganisation du temps de travail. Les jours de RTT pourraient être payés aux salariés qui le souhaitent.

Source : Bouygues Telecom renégocie les RTT – Le Figaro

Pas de licenciement programmés donc chez Bouygues Telecom (ouf)… mais, comme on peut s’y attendre partout où il y a forte compression des effectifs, l’employeur a besoin de faire travailler plus ceux qui restent pour assurer l’ensemble de l’activité.

Une idéologie économique qui conduit inéluctablement à la destruction des emplois

Le phénomène n’est évidemment pas surprenant, et toutes les mesures prises ces dernières années sapent progressivement tous les acquis sociaux des salariés, dans un processus très pervers qui se déroule cependant toujours à peu près selon les mêmes étapes. Dans le secteur des télécoms, nous venons de le rappeler dans notre tribune :

  • on crée les conditions d’une concurrence effrénée, en théorie au bénéfice du consommateur final ;
  • la guerre des prix qui s’ensuit, alors que le marché n’a pas la capacité d’absorber 4 opérateurs dans des conditions optimales de rentabilité et d’investissement dans la durée, rogne les marges, tandis qu’il est difficile de se développer (et même de se maintenir) sans continuer d’investir dans les réseaux ;
  • les acteurs en présence compriment tous leurs coûts de fonctionnement, dont évidemment les salaires, que certains tendent d’ailleurs trop souvent à considérer comme des dépenses et non comme un investissement indispensable à la dynamique de développement de l’entreprise ; cela se traduit par des destructions massives d’emplois, par tous les moyens possibles (et il en existe de plus en plus avec la promulgation de la Loi Travail) ;
  • enfin, une fois que les effectifs ont été réduits jusqu’à l’os, on s’aperçoit que les ressources humaines sont insuffisantes pour traiter toute l’activité.

Une pression accrue sur ceux qui travaillent

Que se passe-t-il alors ? On pourrait évidemment embaucher… C’est non seulement délicat après un plan de départs (volontaires ou contraints), mais c’est surtout contraire à l’idéologie patronale : le chômage est une modalité de partage du travail qui lui convient, car elle permet de faire pression à la baisse sur l’ensemble des variables du coût du travail, et d’obtenir des salariés plus dociles. Nous devons donc nous attendre à ce que tout y passe :

  • augmentation du temps de travail de ceux qui ont un poste, souvent déjà effective, notamment pour les cadres qui dépassent allègrement leur temps de travail théorique grâce au forfait jour qui fait l’impasse sur l’horaire effectif journalier, et ce sans compensation salariale (ou une compensation incomplète du travail supplémentaire demandé) ;
  • suppression des RTT, qui rappelons le ont compensé une intensification du travail conséquente depuis leur mise en place, et qui devaient permettre aux entreprises d’optimiser les plages d’activité de leurs équipes, pour mieux répondre aux attentes de la clientèle (extension des horaires d’ouverture par exemple) ou mieux utiliser l’outil industriel (faire tourner les machines quasiment 24 x 7) afin d’améliorer leur efficacité globale et donc leur rentabilité, ce qui a souvent été le cas ;
  • baisse de la rémunération chaque fois qu’elle est possible, très facilement via l’intéressement et la participation, ou au travers de toutes les rémunérations variables dont il est toujours possible de faire varier les paramètres pour verser moins aux personnels, et demain sous d’autres formes encore, rendues possibles par la Loi Travail ;
  • gel ou quasi gel des augmentations salariales, régime sous lequel nous vivons depuis déjà plusieurs années, et qui, de plus en plus, s’accompagne également d’un gel des promotions / évolutions de carrière, les nouvelles compétences que les salariés sont contraints d’acquérir de plus en plus vite n’étant plus considérées comme valorisables pour lesdits salariés (seule l’entreprise en tire profit) ;
  • dégradation des conditions de travail, à la fois par l’intensification de la pression aux résultats et des rythmes de travail qui s’accélèrent, mais aussi – et cette question ne devrait pas être négligée par les employeurs s’ils veulent conserver des salariés motivés, et donc efficaces – sentiment de plus en plus amer que les efforts consentis ne sont plus reconnus à leur juste valeur.

La vigilance des syndicats de plus en plus nécessaire

Alors que tous ces éléments sont, de plus en plus, renvoyés à la négociation dans les entreprises, il importe que les représentants syndicaux des salariés ne bradent pas le travail de leurs collègues.

Pour cela, ils doivent à la fois continuer de s’armer pour faire des analyses pertinentes permettant de démonter les argumentations fallacieuses qu’on leur oppose régulièrement, mais aussi réfléchir sérieusement aux moyens de restaurer un rapport de force qui rétablisse l’équilibre : aujourd’hui, et quoiqu’ils en disent, ce rapport de force est clairement du côté des employeurs, qui ont parfaitement réussi leur lobbying jusqu’à convaincre un gouvernement dit « de gauche » de prendre des mesures anti-sociales et d’adopter les idées les plus destructrices de l’idéologie néo-libérale.

Ce n’est pas toujours simple, car nous sommes tous attachés à la pérennité de nos entreprises, dont les difficultés économiques peuvent être bien réelles, et la plupart des salariés, syndicalistes compris, sont prêts à faire des sacrifices pour les sauver. Mais nous ne devons pas pour autant tout accepter : si la croissance est en berne, les inégalités sont en hausse. Il est donc plus que jamais nécessaire de défendre l’intérêt des travailleurs, ceux qui sont en poste comme ceux qui voudraient bien l’être.

En l’occurrence, les études économiques sérieuses montrent que les mesures les plus efficaces pour lutter contre le chômage ont été… celles de la réduction du temps de travail (revoir ici, et par exemple). Si nous voulons faire notre job de syndicalistes, ce n’est donc sans doute pas le moment d’accepter un recul sur ce plan.

Emploi dans les télécoms: arrêtons la casse

Face aux conséquences d’une politique de dérégulation outrancière qui n’a pas fini de produire ses effets catastrophiques, il est donc temps que la puissance publique se saisisse des dossiers. Il faut préserver l’emploi et appuyer le déploiement de l’innovation française, qui ne cesse de décliner, faute d’une régulation adéquate. Par Sébastien Crozier, président de la CFE-CGC Orange, Hélène Marcy, vice-présidente de l’ADEAS (Association pour la Défense de l’actionnariat salarié des opérateurs de télécoms)

Source : Emploi dans les télécoms: arrêtons la casse – La Tribune

 

Comme c’est notre tribune, je me permets d’en restituer le texte intégral :

 

La loi 96-659 du 26 juillet 1996 de réglementation des télécommunications, telle que rappelée sur le site de l’Arcep, indique explicitement que :

   II. – Le ministre chargé des télécommunications et l’Autorité de régulation des télécommunications veillent, dans le cadre de leurs attributions respectives :

[…]

   « 3 Au développement de l’emploi, de l’innovation et de la compétitivité dans le secteur des télécommunications ; […] ».

À ce titre, la CFE-CGC demande régulièrement depuis 2009 que l’attribution des licences mobiles, en vertu desquelles les opérateurs exploitent des fréquences appartenant au domaine public, soient assorties d’engagements pérennes sur l’emploi en France. L’application de telles contraintes à tous les opérateurs n’engendrerait aucune distorsion de concurrence.

Des tarifs ultra-compétitifs

D’ailleurs, la concurrence est plus que féroce dans le secteur des télécoms français : le prix des accès internet comme des communications mobiles y est le moins cher des principaux pays européens, comme l’ont confirmé, en 2016 et en 2015, les régulateurs belge[1] et britannique[2]. L’Europe fait par ailleurs partie des régions du monde où les communications internet et mobile sont les plus abordables, selon les analyses de UIT[3] (Union Internationale des Télécommunications, organisation des Nations Unies). La France se distingue en particulier pour ses offres de « bundle » comportant de l’Internet fixe illimité, où elle se place en tête de palmarès pour les débits offerts[4].

Au prix d’une hécatombe sur les emplois !

Plus de 30 000 emplois détruits en 10 ans… et ce n’est pas terminé !

Chez les opérateurs de télécommunications :

–        + de 8 000 emplois détruits en 10 ans, après une courte embellie liée à la négociation d’embauches supplémentaires chez Orange entre 2010 et 2012, dont les 22 000 suppressions de postes des années 2006 à 2012 incluses avaient débouché sur la crise sociale que l’on sait. Après 2012, les destructions ont recommencé de plus belle, chez tous les opérateurs : – 11 300 emplois entre fin 2012 et fin 2015[5].

–        Désormais, le rythme annuel des destructions oscille entre 3 et 4 000 emplois… et s’aggravera nettement en 2016-2017 : SFR prévoit 5 000 suppressions de postes[6]. Chez Orange, les chiffres seront du même ordre : + de 10 000 départs en retraite sont prévus sur ces deux années, dont à peine un sur deux sera remplacé. Souhaitons que Bouygues Telecom, qui a supprimé plus de 1 000 postes les deux dernières années, n’ait pas d’annonces à faire en la matière[7].

Chez les sous-traitants, tous les chiffres ne sont pas connus, loin s’en faut. Si l’on s’en tient aux seuls centres d’appels, les récents arrêts de contrats signifiés par SFR menacent 3 000 emplois dans les prochains mois[8].

Chez les distributeurs, plusieurs enseignes ont mis la clef sous la porte après l’arrivée du 4ème opérateur mobile : Tel & Com (760 salariés)[9], The Phone House (1200 salariés)[10], sans compter les distributeurs indépendants, mono ou multimarques, qui ont disparu du paysage. Les opérateurs eux-mêmes ferment nombre de leurs boutiques propriétaires, à l’instar d’Orange qui en a supprimé + de 150 depuis 2012… et ne s’en tiendra pas là. Les petites villes sont progressivement abandonnées, au détriment des clients qui ont sans doute le plus besoin d’accompagnement… même s’ils ne sont pas les plus rentables.

Quant aux équipementiers, que reste-t-il des fleurons français des technologies de communication ? Alcatel-Lucent a supprimé des milliers d’emplois et se trouve maintenant sous pavillon Nokia, qui annonce à nouveau de mauvais résultats. Sagem n’est plus que l’ombre de ce qu’il fut.

Rationalisations dévastatrices

La baisse drastique des prix imposée par la concurrence entre opérateurs suppose en effet de « rationnaliser les coûts », comme on l’écrit froidement dans les présentations financières. Mais cette expression apparemment inoffensive signifie qu’en réalité, chaque opérateur « digitalise » à toute allure la relation client pour limiter le nombre de boutiques et de conseillers clients par téléphone, et achète des équipements fabriqués en Asie, qu’il s’agisse des réseaux de télécommunications ou des terminaux vendus aux clients.

Globalement, les pertes d’emplois se chiffrent en dizaines de milliers… dans un secteur déclaré comme porteur de croissance !!

Comment le gouvernement et le régulateur peuvent-ils s’en satisfaire ?

Comment envisager « d’inverser la courbe du chômage » lorsque l’on s’interdit systématiquement d’intervenir sur la protection de l’emploi lors de l’attribution des licences ? Que l’on privilégie une concurrence folle qui met tous les acteurs à genoux ? Que l’on ne vérifie pas la viabilité économique des projets de rachat ? Ni que les engagements sur l’emploi concernent bien tout le personnel des entreprises cédées[11] ? Quand l’État prélève sans complexe taxes (et dividendes chez Orange) sur les opérateurs de télécommunications ?

Quelle innovation peut-on attendre dans le domaine du numérique si l’on étouffe les « chefs de file », qui fournissent les infrastructures nécessaires au développement des services qui nécessitent couverture et débit ? Quid des compétences qui disparaissent au fil des suppressions de postes ? D’où viendra l’innovation demain, si ce n’est d’acteurs nord-américains ou asiatiques, qui ont déjà pris une bonne longueur d’avance ?

Les télécommunications sont stratégiques pour notre pays

Des suppressions d’emplois aussi massives dans un secteur porteur d’avenir constituent évidemment un scandale, pour ceux qui les subissent comme pour les citoyens qui s’interrogent sur le futur de notre économie.

Il apparaît pourtant fondamental de préserver nos compétences et nos moyens d’action dans un domaine stratégique. Tous les indicateurs le démontrent : nos concitoyens veulent des réseaux performants et une couverture optimale sur l’ensemble du territoire, mais aussi du conseil et de l’accompagnement pour tirer le meilleur profit d’une révolution technologique sans précédent, et des services de plus en plus pointus. Ce n’est pas sans personnel qu’il sera possible de répondre à ces attentes.

Face aux conséquences d’une politique de dérégulation outrancière qui n’a pas fini de produire ses effets catastrophiques, il est donc temps que la puissance publique se saisisse des dossiers, d’abord pour préserver l’emploi, et pour appuyer le déploiement de l’innovation française, qui était très en pointe à l’aube de l’an 2000 dans le domaine des télécoms… mais qui ne cesse de décliner depuis, faute d’une régulation adéquate.

Sauver ce qui peut encore l’être

Dès 2012, la CFE-CGC a formulé 10 propositions au Ministère de l’Économie Numérique[12]. Certaines ont été partiellement mises en œuvre, mais beaucoup reste à faire ! On peut citer notamment :

–        Créer un fonds commun de soutien à l’emploi dans la filière Télécoms, financé par les opérateurs et les industriels et géré paritairement, pour garantir aux salariés en cours de licenciement des moyens de reconversion, de création d’entreprise et d’accompagnement. Le fonds serait géré paritairement.

Dans l’immédiat et dès à présent, il importe de se préoccuper activement du devenir des 5 000 salariés qui vont quitter SFR[13], afin non seulement qu’ils retrouvent un emploi, mais également que leurs compétences continuent de profiter aux télécommunications françaises.

–        Assortir tout droit d’utiliser des fréquences à des obligations d’emplois en France

–        Étendre le service universel aux mobiles et au très haut débit et faire contribuer tous les acteurs de la chaine de valeur au financement des réseaux et pas seulement les opérateurs.

–        Développer une fiscalité qui favorise l’investissement dans les infrastructures de nouvelle génération, et l’appliquer à tous les acteurs de la chaine de valeur.

–        Garantir la sécurité des infrastructures de télécommunications françaises et les données qu’elles transportent, par des normes techniques (sur les matériels et les applications) garantissant aux utilisateurs finaux la maîtrise de leurs données, mais aussi en imposant que l’actionnariat des opérateurs reste majoritairement français, afin que la France conserve sa souveraineté numérique.

[1] http://www.fftelecoms.org/articles/economie-des-telecoms-le-regulateur-belge-confirme-l-attractivite-des-tarifs-francais et pour 2015 http://www.latribune.fr/opinions/20150210trib9f2d3208e/la-france-a-les-meilleurs-prix-telecoms-d-europe.html

[2] http://www.fftelecoms.org/articles/economie-des-telecoms-la-france-propose-les-meilleurs-tarifs-selon-le-regulateur

[3] http://www.itu.int/en/ITU-D/Statistics/Documents/publications/misr2015/MISR2015-w5.pdf

[4] http://www.itu.int/en/ITU-D/Statistics/Documents/facts/ICTFactsFigures2016.pdf

[5] http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/07/28/la-casse-sociale-s-amplifie-dans-le-secteur-des-telecoms-en-france_4975983_3234.html et http://www.telecoms-media-pouvoir.net/index.php/nos-analyses/les-operateurs-telecoms-en-5-graphiques-actualisation-avec-les-donnees-2015/

[6] http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/07/27/sfr-souhaite-supprimer-5-000-emplois-soit-un-tiers-de-ses-effectifs_4975460_3234.html

[7] http://www.lemonde.fr/entreprises/article/2014/09/24/bouygues-telecom-prevoit-finalementla-suppression-de-1404-postes_4493633_1656994.html

[8] http://www.silicon.fr/3000-emplois-menaces-prestataires-sfr-152121.html et http://www.en-contact.com/resiliation-des-contrats-par-sfr-arvato-et-sitel-touches-b2s-et-teleperformance-epargnes/

[9] http://www.channelnews.fr/tel-and-com-tire-le-rideau-23592

[10] http://www.franceinfo.fr/actu/economie/article/phone-house-va-fermer-en-france-1-200-salaries-concernes-249203

[11]http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/social/20160705.OBS4018/sfr-les-promesses-de-drahi-disparaissent-au-lavage.html et http://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/0211183280765-sfr-trouve-un-accord-avec-deux-syndicats-sur-les-suppressions-de-postes-2018791.php#xtor=RSS-38

[12] http://www.cfecgc-orange.org/201211163459/communiques-de-presse/les-10-propositions-de-la-cfe-cgc-au-ministere-de-l-economie-numerique.html

[13] http://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/0211183280765-sfr-trouve-un-accord-avec-deux-syndicats-sur-les-suppressions-de-postes-2018791.php#xtor=RSS-38

Les opérateurs télécoms en 5 graphiques : actualisation avec les données 2015

Comme chaque année, nous actualisons les graphiques qui permettent d’appréhender, de manière synthétique, les principaux indicateurs clefs des opérateurs de télécommunications en France.

Vous pouvez également retrouver nos analyses des données 2008, 2010, 2011, 2012, 2013 et 2014.

Ces indicateurs proviennent de l’Observatoire des marchés consolidé par l’Arcep, régulateur français des télécoms, les chiffres étant tirés des séries annuelles depuis 1998, dont nous intégrons les actualisations rétroactives dans nos graphiques. Nous les complétons par l’analyse des données présentées par France Télécom-Orange dans son document de référence 2015.

Ils ne concernent que les opérateurs de télécommunications, hors activité des autres acteurs de la filière, et le marché français.

Appelé, début 2016, à faire le point sur l’état du marché un an après son investiture à la tête de l’Arcep, Sébastien Soriano affirmait : « On marche sur un mur. On côtoie en permanence deux risques : celui d’une guerre des prix qui saperait la capacité d’investissement du secteur, et celui d’une concurrence insuffisante, qui se traduirait par une hausse des prix, mais également par une baisse des investissements. » De fait, il semblerait qu’en 2015, le marché français ait, tant bien que mal, géré assez correctement ce numéro de funambulisme… à l’exception très notable de la préservation des emplois du secteur… dont le nouveau président de l’Arcep ne semble pas se préoccuper davantage que ses prédécesseurs. Pourtant, la préservation de l’emploi dans la filière fait partie des missions du régulateur au même titre que la protection du consommateur et des équilibres du marché concurrentiel !

Des revenus à leur plus bas niveau depuis le début du siècle, mais une baisse contenue à 2% en 2015

2015_revenus

Pour trouver plus bas que le revenu global 2015 des opérateurs télécoms (35,9 milliards d’euros), il faut remonter à 2001, époque à laquelle les données de consommation (nombre d’abonnés, trafic) étaient évidemment tout autres. Certes, avec 2% de baisse annuelle, les opérateurs ont été mieux lotis que lors des quatre années précédentes. Mais, dans la situation actuelle, les leviers de croissance peinent à émerger.

Cela est particulièrement vrai pour les services mobiles (-3,2%), qui représentent plus de la moitié de la baisse de revenus enregistrée. Les opérateurs continuent de payer leurs stratégies de guerre des prix des années passées, malgré la signature tacite d’un armistice en 2015, avec une baisse de prix moyenne de 5,5% seulement contre plus de 10% en 2014 et plus de 26% en 2013 (selon l’étude de l’Arcep sur l’évolution des prix des services mobiles). Mais, alors que le nombre d’abonnés semble désormais stagner (+0,6%), une hausse des tarifs paraît difficile à envisager, de sorte que les opérateurs ne profitent pas de l’explosion constante du trafic (encore +83% en 2015 !) d’une data sous-monétisée.

Un niveau d’investissement record, dopé par les achats de licences, mais pas seulement

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Bonne nouvelle : il faut remonter à 2012 pour observer un niveau d’investissement proche de celui de 2015, millésime durant lequel les opérateurs ont établi un nouveau record en dépensant près de 10,6 milliards d’euros. Cette forte augmentation (+50,2% par rapport à 2014 !) est pour partie liée à l’attribution des licences 700 MHz à la fin de l’année, pour un montant de 2,8 milliards d’euros (alors qu’il n’y avait pas eu d’opération de ce genre en 2014).

Néanmoins, hors achat de fréquences, les dépenses d’investissements d’infrastructures ont, elles aussi, contribué à ce record en atteignant 7,8 milliards d’euros, soit une progression annuelle de 10,5% à périmètre constant. Les investissements dans les réseaux très haut débit (+12,8%) ont porté l’essentiel de cette croissance, notamment pour la mise en place de la boucle locale fixe et des réseaux 3G et 4G.

Et pourtant… les opérateurs poursuivent encore et toujours leur politique de réduction d’effectifs

2015_emplois

En 2015, ce sont encore plus de 3 900 postes qui ont été supprimés dans le secteur des télécoms, engendrant une nouvelle baisse de 3,2% des effectifs. Par rapport à ses concurrents, Orange, qui représente toujours 82% des effectifs du secteur, a été plutôt « sage » en se délestant de « seulement » 2,6% de ses effectifs, contre 6,0% (!) pour l’ensemble des autres opérateurs. L’accalmie des années 2010-2012, liée aux embauches négociées par les organisations syndicales d’Orange, n’est désormais plus qu’un lointain souvenir : sous l’impulsion des politiques de rationalisation des coûts des différents opérateurs, le secteur français des télécoms compte désormais un peu plus de 118 000 employés, contre près de 130 000 fin 2012.

2015_emplois Orange

Si une réactualisation des chiffres communiqués courant 2015 avait permis à Orange de finir l’année 2014 juste au-dessus de la barre des 100 000 employés en France, il n’en sera assurément rien pour 2015 : avec près de 2 600 suppressions d’emplois enregistrées, l’opérateur historique ne compte plus que 97 400 employés dans l’Hexagone. La réduction des effectifs se poursuit toujours de façon « naturelle », avec le non-remplacement d’un certain nombre de départs en retraite : en 2015, en plus d’un millier de ruptures de contrats de diverses sortes (démissions, licenciements, etc.), Orange a enregistré près de 3 600 départs en retraite, qu’un peu moins de 2 400 embauches en CDI n’ont pas compensés. Ce mouvement n’est pas près de s’inverser, l’opérateur historique tablant sur le départ à la retraite de 30 000 salariés sur la période 2013-2020, dont la plus grande partie ne sera pas remplacée.

2015_emplois alternatifs

Toutes proportions gardées, la situation semble encore pire du côté des opérateurs alternatifs, qui ont vu leurs effectifs amputés de plus de 1 300 unités en 2015. Si Free annonce un peu plus de 450 emplois créés, Bouygues Télécom en a supprimé 870. Quant à SFR, en l’absence d’un document de référence, il est bien difficile d’avoir une idée précise de la situation. Selon les organisations syndicales, il y a eu 837 départs non remplacés depuis le rachat par Numéricable (soit 9% des effectifs), et des plans de départ sont d’ores et déjà annoncés.

Microsoft rachète LinkedIn pour 26 milliards de dollars : votre compte vaut 53 euros – Tech – Numerama

Surprise : Microsoft rachète LinkedIn pour 26,2 milliards de dollars.

Source : Microsoft rachète LinkedIn pour 26 milliards de dollars : votre compte vaut 53 euros – Tech – Numerama

Sur le même sujet :

Une des conséquences de cette acquisition, notamment dans les grandes entreprises clientes de Microsoft, les entreprises pourront beaucoup plus facilement mettre la main sur les réseaux relationnels de leurs salariés. Autrement dit, à l’heure où il devient un « asset » déterminant dans le monde du travail, votre « carnet d’adresses » n’est plus un actif personnel, il devient beaucoup plus facilement « captable » par l’entreprise (même si bien sûr les liens de confiance ne se résument pas à une simple liste de coordonnées ou à un graphe relationnel).

Ubérisation (chapitre 1)

Depuis bientôt deux ans et la création du néologisme « ubérisation » par Maurice Lévy, ce mot réuni ambition, espoir et crainte sur l’économie de demain. Les agences de permis de conduire avec Ornicar, les notaires avec Testamento, les hôteliers avec AirBnB, les cas d’usages se multiplient renforçant les débats voir les manifestations d’opposition.

Source : Ubérisation (chapitre 1)

Un article co-signé par Jean-Michel Huet, associé au sein du cabinet BearingPoint et Sébastien Crozier, président CFE-CGC Orange

« Quelles transformations de l’emploi à l’heure de la révolution numérique ? » : notre compte-rendu

Sous l’égide du Digital Society Forum, plateforme collaborative initiée par Orange autour des questions relatives à la vie numérique, un débat, intitulé « Quelles transformations de l’emploi à l’heure de la révolution numérique ? », s’est déroulé hier au Musée de l’Homme.

Retransmis en live sur Dailymotion, il donnait l’occasion d’entendre les positions sur ce sujet de 7 intervenants :

  • des représentants du monde académique : Philippe Aghion du Collège de France, et Augustin Landier, de la Toulouse School of Economics ;
  • des dirigeants de grandes entreprises : Stéphane Richard, à l’initiative de l’évènement, Sébastien Bazin, P-DG du Groupe AccorHotels, et Georges Plassat, P-DG du groupe Carrefour ;
  • des acteurs de l’économie numérique : Céline Lazorthes, fondatrice et dirigeante de la FinTech Leetchi, et Frédéric Mazzella, cofondateur de la plateforme de covoiturage BlaBlaCar.

Voici un compte-rendu de cet évènement paru dans le Blog du Modérateur. Pour notre part, nous avons trouvé cette rencontre assez frustrante !

Sur la forme d’abord : 70mn laissées aux 7 intervenants (suivies de 50mn d’interventions/questions du public) pour dresser un état des lieux des transformations de l’emploi sous l’effet du numérique (40mn), puis pour présenter leurs solutions d’adaptation à ces transformations (30mn), ça fait en moyenne 2 fois 5mn par personne. C’est évidemment extrêmement court, et plus propice aux tweets qu’aux réels diagnostics.

Du coup, le fond fut assez décevant, à l’instar du communiqué de presse présentant la manifestation et du sondage BVA qui l’accompagne, nous « apprenant » que la transformation numérique transforme les métiers, qu’elle est perçue comme bénéfique… ou pas, que pour s’y adapter, rien de tel que la formation, et que l’économie du partage, c’est bien !
Pour ce qui est du débat proprement dit, baignant dans une atmosphère résolument optimiste, il est resté très généraliste, de sorte le spectateur un peu avisé sur la question n’y a sans doute pas appris grand-chose. Sur les constats :

  • Les économistes confirment que le numérique détruit des emplois (principalement intermédiaires), défavorisant les travailleurs non qualifiés qui peuvent toujours se reconvertir en indépendants dans les services à la personne… De toute façon, « l’entreprise ne peut pas être le lieu de la redistribution», affirme Augustin Landier.
  • Les dirigeants de grandes entreprises voient plus d’opportunités que de menaces dans cette « période intéressante», cette « mutation qu’ils embrassent ». Conscients des défis auxquels l’entreprise est soumise, « testée sur sa capacité de changement de culture » (Sébastien Bazin) et « obligée à plus de transparence » (Georges Plassat), ils estiment qu’elle saura s’adapter, et leurs employés avec, à grand renfort de « formations et d’équipement » (Stéphane Richard).
  • Pour les deux acteurs de l’économie numérique, cette transformation est évidemment synonyme de créations d’emplois, au sein d’entreprises plus justes, plus cohérentes et plus transparentes.

Sur les solutions pour s’adapter à cette transformation, le débat est allé encore un peu plus vite :

  • Georges Plassat évoque le besoin de s’adapter à la disparition des frontières entre les canaux de commerce physiques et digitaux et à une concurrence exacerbée, et estime que tout passera par une meilleure compréhension du client.
  • Sébastien Bazin rebondit sur cette idée en évoquant une mutation de l’entreprise, hier centrée sur ses produits, aujourd’hui sur ses clients, qui nécessite une mutation du management, du rapport de force induit par l’entreprise pyramidale au rapport de flux qui anime les entreprises du numérique. Pour se rapprocher de ce nouvel idéal, il annonce la mise en place chez Accor d’un « shadow comex» constitué de 12 salariés de moins de 35 ans.
  • Stéphane Richard insiste à nouveau sur l’importance de la formation, tant initiale que continue – sur ce sujet, bonne nouvelle, la Grande Ecole du Numérique est en train de prendre forme.
  • Du côté des économistes, c’est la thématique de la flexisécurité qui est mise en avant, introduisant la dimension politique associée à cette thématique : le travailleur doit avoir le « droit à l’expérimentation», soutient Philippe Aghion, et pouvoir passer facilement de l’entreprise au self-emploi et inversement, et être soutenu financièrement durant ses périodes de formation. Augustin Landier va dans le même sens, estimant qu’il faut défendre le statut de l’auto-entrepreneur qui, faute d’un CDI, n’a pas accès au crédit, notamment pour son logement.
  • Enfin, Céline Lazorthes insiste sur le nouveau rôle du manager, désormais devenu accompagnateur, chef d’orchestre et « responsabilisateur » à l’ère de l’entreprise numérique.

Enfin, sur les questions/interventions du public, notons la quasi-unanimité des intervenants sur le droit à la déconnexion, seul Sébastien Bazin se singularisant d’un « Réveillons-nous ! Chez Google, ils ont fini les 35h le mercredi soir ! », qui laisse songeur.

Dans sa conclusion, très succincte, Stéphane Richard reste « dans une tonalité résolument optimiste », élargissant enfin le débat au rôle de l’Etat, remis en cause par cette nouvelle forme de démocratie et sommé de « traiter beaucoup mieux des grands maux collectifs comme l’accès à l’emploi et le chômage ».

Patrick Thiébart, JeantetAssociés – Le salariat face à l’économie numérique et au travail collaboratif – Cap décideurs – xerfi-business-tv.com

Source : Patrick Thiébart, JeantetAssociés – Le salariat face à l’économie numérique et au travail collaboratif – Cap décideurs – xerfi-business-tv.com

Une interview intéressante qui remet un peu les pendules à l’heure… Croire, pour les entreprises, qu’elles ont tout à gagner en déportant le risque sur les travailleurs en « uberisant » leur activité au maximum est, comme trop souvent de nos jours, une vision court-termiste qui peut se retourner contre les entreprises elles-mêmes.

Espérons donc que la justice française sera aussi sage que l’américaine en la matière : cela invitera certainement les entrepreneurs à remettre plus rapidement les pieds sur terre, et assainira la réflexion sur l’uberisation.

Rappelons aussi que la construction d’une relation de travail productive de valeur, et donc rentable sur le moyen-long terme (ce qui devrait être l’objectif d’un entrepreneur digne de ce nom, par opposition à un simple « faiseur de coups ») repose sur un engagement réciproque entre patrons et travailleurs, qui permet d’établir la confiance, l’engagement et la construction d’une culture d’entreprise. Toutes choses nécessaires pour délivrer des produits et services de qualité, qui pourront, dans la durée, faire la différence sur le marché, au bénéfice de toutes les parties prenantes : clients, salariés, entrepreneurs et investisseurs.

Tiens, au fait, Uber est-il rentable ? Si on en croit le blog de Jérôme Marin, ce n’est pas encore gagné…
A lire sur Silicon 2.0 : Les pertes d’Uber se creusent: un milliard de dollars en six mois

Oui, votre patron peut surveiller vos emails et votre navigation Internet

Une décision de la Cour européenne des droits de l’Homme confirme cette surveillance à condition que le règlement interne le prévoit. Conséquence : un licenciement peut être motivé par l’usage de ces outils.

Source : Oui, votre patron peut surveiller vos emails et votre navigation Internet – ZDNet.fr

L’intervention de JC. Dugalleix, expert judiciaire, et de Me Benoist, avocat, à l’Université d’été de la CFE-CGC Orange en juin dernier nous le disait clairement, les décisions de justice nous le rappellent.

Et nous continuons de vous mettre en garde sur le fait que tout ce qui circule sur les serveurs de l’entreprise d’une part lui est accessible, et d’autre part qu’elle peut valablement prétendre en être propriétaire. Donc attention à l’usage des mails, d’internet, et a fortiori des intranets d’entreprises, même lorsqu’ils se parent des atours d’un réseau social où la parole serait libre : tout ce que vous y ferez pourra, selon la formule consacrée, être utilisé contre vous.

Les opérateurs télécoms en 5 graphiques : la chute se poursuit !

Avec un peu de retard, nous actualisons les graphiques qui permettent d’appréhender, de manière synthétique, les indicateurs clefs des opérateurs de télécommunications en France avec les données consolidées de l’année 2014.

Vous pouvez retrouver sur ce blog nos analyses des données 2008, 2010, 2011, 2012 et 2013.

Ces indicateurs proviennent de l’Observatoire des marchés consolidé par l’Arcep, régulateur français des télécoms, les chiffres étant tirés des séries annuelles depuis 1998, dont nous intégrons les actualisations rétroactives dans nos graphiques. Nous les complétons par l’analyse des données présentées par France Télécom-Orange dans son document de référence 2014.

Ils ne concernent que les opérateurs de télécommunications, hors activité des autres acteurs de la filière, et le marché français.

Les revenus des opérateurs atteignent leur plus bas niveau depuis 12 ans

Certes, la baisse de revenus observée par les opérateurs en 2014 (-3,4%) est moins importante que celle de 2013 (-7,3%). Toutefois, les services mobiles (-7%) continuent à tirer le marché vers le bas, alors même que le nombre d’abonnés (+2,5%) et, surtout, le trafic (+7% pour la voix, +2% pour les SMS et +97% pour la data !) ne cessent d’augmenter. De fait, l’étude de l’Arcep sur l’évolution des prix des services mobiles met en lumière une baisse moyenne de 10% en 2014, certes moins importante que celle observée en 2013 (-26%), mais qui continue d’impacter fortement les revenus d’opérateurs engagés dans la spirale du « low-cost » depuis l’arrivée de Free Mobile en 2012. En effet, si l’impact maximal a eu lieu l’année même du lancement de Free Mobile, les renouvellements de contrats qui arrivent à échéance dans les années qui suivent se font systématiquement à des conditions tarifaires en baisse… d’autant plus dans un contexte de morosité économique, alimentée par un chômage de masse qui devient, malheureusement, une constante de notre vie économique.

revenus

Appelé, fin 2014, à commenter ces chiffres et à extrapoler sur leur évolution future, Jean-Ludovic Silicani, alors Président de l’Arcep, pariait sur un accroissement des revenus des opérateurs pour 2015. Pour justifier son optimisme, il estimait que la guerre des prix arrivait à son terme et qu’une « cure d’amaigrissement » du marché avait contribué à son « assainissement ». Hélas, comme toujours, ce sont les emplois du secteur qui ont fait les frais de ce régime forcé, sacrifiés sur l’autel des politiques de rationalisation des coûts des opérateurs. Mais le régulateur n’en a cure, obnubilé par la religion de la concurrence à tout prix.

Les opérateurs poursuivent leur politique de réduction d’effectifs

emplois

De fait, 3000 postes ont été supprimés dans le secteur des télécoms en 2014, soit une baisse des effectifs de 2,5%. De façon logique, la courbe globale du secteur suit de près les fluctuations de l’opérateur historique (qui s’est délesté de 2,6% de ses effectifs contre 2,2% pour ses concurrents), qui représente toujours 82% des effectifs du secteur. Ainsi, les 5000 emplois nets créés entre 2009 et 2012, sous l’effet du « nouveau contrat social » négocié par les organisations syndicales auprès de la direction d’Orange, ont été contrebalancés par… plus de 7000 suppressions de postes en deux ans suite à la fin de cet accord.

emploisOrange

Avec près de 2700 emplois supprimés en 2014, Orange est passé sous la barre symbolique des 100 000 employés en France. La Direction de l’opérateur historique poursuit sa politique de réduction d’effectifs sans plan social, se contentant de s’appuyer sur une pyramide des âges vieillissante : en 2014, les 1600 embauches en CDI n’ont pas compensé les 3600 départs, essentiellement en retraite. Ce mouvement n’est pas près de s’inverser, le Groupe tablant sur le départ à la retraite de 30 000 salariés sur la période 2013-2020, dont une grande partie ne sera pas remplacée : l’objectif affiché est de stabiliser les effectifs autour de 66 000 à l’horizon 2020.

Au final, confronté à la pression d’un marché toujours très concurrentiel, et d’un actionnaire principal (l’État) qui réclame toujours un dividende plus élevé que l’entreprise ne peut le supporter, Orange continue à faire supporter à ses personnels l’essentiel de son effort de rationalisation des coûts, par la baisse des effectifs, mais aussi par la mise en œuvre de mesures d’économie, certes moins « drahistiques » que chez Numericable-SFR, mais qui constituent une pression quotidienne à l’impossible injonction de faire toujours plus avec toujours moins de moyens.

emplois-alternatifs

La situation n’est pas meilleure du côté des opérateurs alternatifs, qui ont vu disparaître un peu plus de 500 emplois en 2014, et aux dernières nouvelles, elle ne devrait pas s’arranger : en juin 2014, Bouygues Télécom annonçait la suppression à venir de 1500 emplois, tandis que le rachat de SFR par Numéricable menacerait à terme entre 1000 et 2000 emplois selon une estimation du Ministère de l’Économie et des Finances.

Les investissements hors achats de licences sont à leur plus bas niveau depuis 4 ans

investissements

Après les achats de licences 4G des années 2011 et 2012, les investissements ont retrouvé un niveau plus « normal » depuis 2013. En 2014, ils ont à peine dépassé la barre des 7 millions d’euros (-2,9% par rapport à 2013), et si on met de côté les rares achats de licences pendant la période, les investissements sont restés en deçà des 7 milliards d’euros, à 6 906 millions d’euros (-3,5%), pour la première fois depuis 2010.

SFR a notablement contribué à cette baisse, en diminuant ses investissements d’infrastructures de 150 millions d’euros, durant la période d’attentisme qui a précédé sa fusion avec Numericable. La politique mise en œuvre par le repreneur risque de ne pas améliorer les choses en 2015… d’autant que tous les opérateurs ont fortement investi dans l’acquisition de nouvelles licences 4G. (Au total, les lauréats devront verser à l’État une redevance fixe de 2 798 976 324 euros. Celle-ci est exigible en quatre quarts entre 2015 et 2018. Ils verseront également une redevance variable égale à 1% du chiffre d’affaires réalisé sur les fréquences concernées. Source : Arcep)

Ces chiffres ne mentionnent pas les dégâts intervenus dans le reste de la filière télécoms

Aucun acteur n’ose plus suivre en détail l’évolution de l’emploi chez l’ensemble des acteurs de la filière des télécoms en France (équipementiers, centres d’appels, réseaux de distribution spécialisés, sous-traitants en génie civil, SSII intervenant directement chez les opérateurs ou dans le domaine des services numériques…).

Les données publiées par la Fédération Française des Télécoms (enquête Arthur D.Little publiée en 2014 et en 2015), qui n’agglomèrent que les 5 premiers acteurs des activités suivantes : opérateurs télécoms, équipementiers réseaux, fabricants de terminaux (qui n’engendrent que très peu d’emplois directs), fournisseurs de contenus et acteurs internet OTT, montrent cependant une très nette baisse de l’emploi :

  • 2012 : 170 000 emplois
  • 2013 : 159 000 emplois
  • 2014 : 156 000 emplois

14 000 emplois perdus en 3 ans sur ce périmètre, dont la moitié chez les opérateurs de réseaux, et sans compter tous les autres sous-traitants du secteur, dont certains ne font plus parler d’eux… ayant purement et simplement disparu du paysage, c’est énorme pour un secteur unanimement reconnu comme l’un des principaux vecteurs de croissance pour l’économie occidentale.

Alors que « l’uberisation » constitue la nouvelle perspective de l’économie numérique (ou portée par le numérique), et sachant quels dégâts elle produit sur la création de valeur et d’emplois stables, il est plus que temps que nos dirigeants se retroussent les manches pour créer les conditions d’une croissance riche en emplois de qualité !

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